Kep, Kampot et farniente

Nous voilà arrivés dans le sud du Cambodge après plus de quinze heures de voyage en bus… On était parti pour dix heures seulement, mais les routes Cambodgiennes, c’est tout un poème! Et c’était sans compter sur notre chance légendaire en matière de transport en commun… Après une première étape Battambang-Phnom Penh sans encombre, on change de bus, et on repart presque aussitôt. Voilà deux heures que nous roulons sur les routes chaotiques qui relient la capitale au sud du pays. On somnole quand une odeur de brûlé envahit le bus, on regarde par la fenêtre pour savoir ce qui crame: ah bah c’est nous! Une épaisse fumée se dégage de notre bus… On s’arrête au milieu de la route, le chauffeur a l’air inquiet, du coup on s’inquiète un peu aussi, l’arrière du bus est en train de prendre feu… Nos bagages sont dans la soute juste à côté du départ de fumée! Les hommes de la compagnie de bus trouvent des bassines, et balancent l’eau croupie qui stagne en bordure de route sur l’arrière du bus. On nous informe en souriant: « Wait for cold ». Oui oui! Faisons ça, attendons que ça refroidisse…

On pense qu’un autre bus va arriver pour finir le voyage jusqu’à Kampot, mais non! Après de longues minutes, on repart dans le même. Bon il n’y a plus qu’à espérer qu’il soit bien refroidit… Arrivée tardive à Kampot, on a pu prévenir notre Guesthouse de notre retard, ils nous attendent. Après une nuit réparatrice, notre première mission c’est de trouver un bon petit déjeuner, avec le voyage et les émotions de la veille, on a rien mangé depuis un petit moment. Petit tour dans la ville, à part quelques rond-points d’un kitsch rarement égalé, il n’y a pas grand chose à faire, alors on flâne…

On a entendu parler d’un tour sur la rivière au coucher de soleil, voilà de quoi s’occuper et terminer cette journée. On est que quatre sur le bateau! Une chance, certains sont plein à craquer. Pour cinq dollars: deux heures et demie de balade et une bière bien fraîche! La balade est magnifique, la vue depuis la rivière sur les champs et la campagne vraiment belle. Une fois la nuit tombée, on est censé voir du plancton phosphorescent, on n’en a pas croisé… Petit arrêt devant l’arbre à lucioles mais ça ne doit pas être non plus la saison, trois ou quartes insectes daignent se montrer. On n’est pourtant pas déçu, la promenade était parfaite!

Il est tard quand on se rend compte qu’on n’a pas vraiment de plan pour les visites du lendemain, le chauffeur de Tuktuk qui nous avait accompagné la veille du bus à l’hôtel nous a laissé sa carte, petit message whatsapp, et le rendez vous est pris, il passe nous prendre demain matin. On retourne manger comme la veille au café Malay, un restaurant d’expats qui sert des petits dej délicieux dans un joli jardin (et il y a même du nutella!!) et on retrouve notre chauffeur, prêt pour une journée découverte! Premier arrêt, un temple au milieu de la campagne, il est franchement pas terrible mais le chauffeur est adorable et nous explique plein de choses, dans un anglais très cambodgien, bref on sourit, on acquiesce, on n’a pas tout compris.

Deuxième arrêt, La Plantation. Kampot est célèbre pour son poivre, et c’est donc dans une énorme exploitation tenue par un couple franco-belge qui nous nous rendons. Visite et dégustations, on en prend plein les yeux et plein la bouche. C’est vraiment un bel endroit, parfait pour finir nos emplettes de Noël! On s’arrête sur le chemin du retour au bord du Secret Lake, un lac immense dont l’eau provient d’un nappe phréatique, il a été creusé à la main sur ordre d’un roi qui voulait dynamisé la région (enfin c’est ce qu’on a compris des explications anglo-cambodgiennes de notre Tuk-tuk Man)

La route qui relie la plantation à Kampot est infernale, tout en terre avec des ornières, elle ressemble d’avantage à un manège à sensations qu’à un chemin praticable. On fait des bonds,  touche le plafond, et on serre les dents. La campagne autour est absolument magnifique, peut être les paysages les plus beaux que nous avons eu la chance de découvrir. Nuances de verts, rizières, palmeraies, et maisons colorées. On demande à notre chauffeur de s’arrêter encore et encore pour faire des photos, et c’est une bonne excuse pour faire une pause de tapecul…

Il y a même une fois où on s’est arrêté sans l’avoir demandé. En plein milieu de la voie ferrée. Le tuk-tuk est coincé… alors que Douce fait l’aiguillage pour vérifier qu’aucun train n’arrive, Doudou et le chauffeur se démènent pour débloquer le bolide. On apprendra quelques jours après qu’il  y a seulement deux trains par semaine qui empruntent cette voie… On ne risquait en fait pas grand chose…  

Enfin on s’arrête dans les marais salants à l’entrée de la ville. C’est encore une fois magnifique, le soleil commence à tomber, et se reflète dans les étendus d’eau. Il n’y a pas encore de sel parce que c’est le tout début de la saison, les cambodgiens rigolent de nous voir prendre des photos. Nous on en prend pleins les yeux…

C’est déjà l’heure de rentrer! Direction Kep dès demain matin.

Il n’y a qu’une quarantaine de kilomètres entre Kep et Kampot et la route vient d’être refaite. En trente minutes, c’est fait! Enfin, en temps normal, le minibus qui devait nous récupérer à l’hôtel entre 9h30 et 9h45 arrive à 10h30, le temps de récupérer les autres passagers, d’attendre un autre bus, de finalement changer de bus, de récupérer d’autres passagers, on arrive à Kep vers 12h30… On apprend la patience un peu tous les jours depuis le début de notre tour du monde. Et puis on relativise, du temps, on en a plein!

On arrive dans notre hôtel, on l’a choisi avec piscine et elle est immense. On trépigne, il fait vraiment chaud. L’arrivée dans notre chambre aura vite fait de nous refroidir… Toujours se méfier des grosses promos Agoda. Notre chambre n’est pas une de ses jolies maisons en dur avec les mignonnes terrasses, on hérite de la cabane sur pilotis qui laisse passer le jour et les tokays. On ne savait pas ce qu’étaient les tokays, ce sont des énormes lézards qui peuvent mesurer jusqu’à trente-cinq centimètres. Et justement un a élu domicile dans notre cabane. C’est vraiment énorme et pas très rassurant. Courageux mais pas téméraire… Douce part conquérante pour négocier un petit bungalow. Victoire! C’est plus cher que prévu, mais la chambre est immense, la terrasse trop mignonne et on a même un frigo!

Une visite du marché aux crabes, l’incontournable de Kep. Bien entendu il n’y a pas que des crabes mais aussi des seaux entiers de crevettes, de calamars et poissons. Petite dégustation au Magic Crab en front de mer pour goûter la spécialité locale, le crabe au poivre de Kampot. Les crabes sont plutôt petits comparés à nos tourteaux français mais c’est franchement bon.

Kep est une toute petite ville. La chaleur accablante nous dissuade de faire les quelques balades conseillées dans les guides. On préférera se prélasser à la piscine et discuter avec les propriétaires français installés au Cambodge depuis six ans. L’occasion d’apprendre autrement sur le pays. On passera le plus clair de notre temps à barboter au soleil et à tester la Gopro.

Doudou se chargera de la chasse au tokay car même dans les bungalow en pierre, ces petites bêtes arrivent à se glisser.  On aurait pu être courageux, et le laisser cohabiter, mais la nuit précédente  notre voisine de bungalow s’en est pris un sur la tête, tombé du plafond. Un grand champs de bataille pour une belle victoire, le Tokay a cédé et a fini par sortir… 

Le temps file et nous aussi. Direction Koh rong samloem, l’une des îles du sud du Cambodge pour profiter encore un peu plus de la douceur de vie du pays!

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