La Bardia Episode 1 : Dauphins d’eau Douce

On a fait tout ce chemin pour le voir, le fameux tigre du Benghal. Après une journée de repos, on pense pouvoir partir dans le parc pour tenter d’apercevoir l’animal. La veille il a plu et au réveil le ciel est encore menaçant. Mr.B, le gérant, décide d’annuler notre expédition. En effet si il pleut, il est presque impossible d’apercevoir les animaux. Changement de plan, plutôt que de rester une journée de plus à l’hôtel, Mr.B nous propose de partir voir les dauphins du Gange. C’est une chance incroyable, il s’agit d’une espèce de dauphin en voie d’extinction dont il ne reste que très peu d’individus, c’est aussi la dernière espèce de dauphin d’eau douce en Asie.

Nous partons donc le matin sous le ciel gris pour rejoindre un des affluents du Gange où se trouve un regroupement de cet animal rare. Il nous faudra tout de même deux heures de jeep pour arriver sur les lieux, à quelques centaines de mètres de la frontière Indienne. En route, le ciel s’est dégagé et le soleil baigne la plaine où nous arrivons finalement. On embarque dans une petite barque avec un couple suisso-thaïlandais, Marc et Messa, croisé plus tôt à l’hôtel, Mr.B, un rameur et ses deux enfants.

L’endroit est splendide et nous n’attendons plus que les dauphins pour parfaire le spectacle. « Dolphin, dolphin, crocodile, dolphin, here », c’est à chaque fois très furtif, il faut être très attentif et avoir les yeux partout. L’eau trouble empêche de voir quoi que ce soit et cette espèce de dauphin n’est ni joueuse, ni curieuse. Elle ne s’approchera jamais de l’embarcation. On finira par réussir à en apercevoir une dizaine de dos de cétacés et quelques nez pointus, caractéristique de l’espèce. Ce fut une jolie matinée même si on ne peut s’empêcher de regretter de ne pas avoir pu les voir un peu mieux.

On quitte donc le lieu en début d’après midi. Mr.B nous propose d’aller manger en route chez une connaissance. Ni resto, ni même boui-boui, c’est devant une petit maisonnette au mur en terre et toit en paille qu’on fait halte. On déjeunera à côté des chèvres et des cochons. Mr.B partage une bière avec Marc, on mange un très bon chowmein.

On reprend la route et arrêt pipi pour Mr.B. Après 30 min de route notre conducteur est fatigué, il nous propose donc de nous arrêter boire une autre bière. Encore un stop prolongé de plus d’une heure. On arrive dans un petit magasin familial de bord de route avec les locaux qui questionnent Mr.B sur ce qu’on fait là, qui on est etc… C’est un bon moment, ils ne parlent pas anglais mais on rigole bien. On finit par se rendre compte que Mr.B a disparu. On part à sa recherche. Il était chez un ami à discuter bâtiment (et surement prendre un dernier verre). Le regard de Mr.B est moins net et il peine à trouver ses mots… On repart avec la vague impression que la bière ne l’a pas vraiment aidé à se réveiller.

Dix minutes plus tard, demi tour, Mr.B a oublié son portable au stand de bière. Trente minutes après avoir repris la direction de l’hôtel, nouvel arrêt pipi de notre ami. Il nous propose d’attendre un peu pour avoir plus de chance de croiser des rhinos. On est pas dupe, la personne est ivre… On reprend la route dans la nuit. Son téléphone sonne une énième fois. On entend crier dans le portable. On a une vague idée de qui c’est et Mr.B nous confirme que c’est sa femme qui hurle parce qu’il n’est toujours pas rentré. On finit par arriver à l’hôtel sain et sauf. L’habituelle gentillesse de la femme de Mr.B, contraste avec son visage fermé de ce soir. On en connaît un qui a dû passer un sale quart d’heure…

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