Vallée de Katmandou: Bodnath – Pashupatinath – Bhaktapur

Bodnath

Nous voilà de nouveau embarqué dans un bus népalais direction Bodnath. Le chauffeur nous dépose sur une route sordide que nous quittons rapidement pour nous enfoncer dans de petites ruelles étroites et assourdissantes de calme. Après une semaine de brouhaha, c’est un vrai délice pour les oreilles.

Sans plus tarder direction le plus grand Stûpa du pays. Sur une large place circulaire de nouveau pleine de monde, le Stupa nous dévisage de son regard imposant. Les pèlerins, touristes et curieux du pays tournent autour du monument avant de s’aventurer à l’intérieur. Nous suivons la marche pour admirer le Stupa de plus prêt et s’imprégner de la ferveur du lieux. L’édifice est grandiose mais nous le quittons rapidement pour retrouver le calme du monastère tibétain bouddhiste de Shéchèn. Il est toujours en rénovation suite au tremblement de terre de 2015, mais ça ne nous n’a pas empêché de nous émerveiller devant l’imposant bâtiment rouge. Le site est également composé d’une école, d’une guesthouse, et d’un restaurant. Enfin un endroit de quiétude absolue. Un régale. La nuit tombante nous rentrons passer la nuit à deux pas de ce lieux. Pas de grasse matinée pour autant, à cinq heures nous sommes réveillés au son des cloches du monastère.

Pashupatinath

Nous nous rendons à Pashupatinath, à quelques kilomètres de là. La ville est célèbre pour son temple situé en bordure du fleuve Bagmati, le gange des népalais. C’est un édifice sacré pour les Hindous, l’un des plus importants du Népal. On y pratique quotidiennement des crémations selon les rites de l’Hindouisme. Moment fort, émouvant et déconcertant. Difficile d’imaginer une cérémonie si intime exposée à la vue de tous, les uns après les autres, les uns à côté des autres. Les crémations sont très ritualisées, et organisées selon le principe des castes. Quatres bûchers différents, un pour les religieux, un pour les militaires, un pour les gens du peuple, un pour les intouchables. De l’autre côté du pont, un autre bûcher plus près temple est réservé aux gens riches, aux militaires gradés. Enfin un dernier sous le temple est celui de la famille royale.

Nous avons préféré prendre un guide pour tout nous expliquer et nous ne regrettons pas notre choix. Il a pu nous aider à comprendre chacune des étapes: le corps est lavé devant le temple par toute la famille, puis mis sur le bûcher préparé par un professionnel du feu, les fils tenant une torche, torse nu, et les hommes de la famille, habillés,  tournent autour du corps trois fois, une pour chacun des principaux Dieux (Brahma, Shiva et Vishnu), puis le fils aîné allume le corps.

Cinq crémations ont eu lieux durant notre visite, et nous y avons assisté de l’autre côté de la rive aux côtés de centaines de personnes venues commémorer la mémoire de leur père en ce jour de fête des pères. Ils mangent devant le fleuve enfumé, posent des offrandes sur l’eau, les enfants jouent et plongent, sur la rive d’en face des familles endeuillées jettent à l’eau les cendres de leur proche. Les singes et chiens errants font encore une fois parti du paysage. Vous l’aurez sans doute compris, c’est un drôle de spectacle aussi poignant que déroutant.

Nous finissons notre visite un peu sonnés mais heureux d’avoir encore appris sur cette culture si éloignée de la notre. La suite nous attend, nous prenons la route pour Bhaktapur, plus loin dans la vallée.

Bhaktapur

Arrivés dans la guesthouse que nous avions réservé, nous retrouvons Aurélie et Baptiste, le couple de français avec qui nous avions partagé le défilé Newars à Patan. Ils sont arrivés la veille et ont déjà de bonnes adresses pour dîner ! Ils ont trouvé un super bouiboui à momos, les ravioles tibétaines que nous adorons. Moins de cinquante centimes d’euros l’assiette… C’est notre nouvelle cantine!

Nous décidons d’aller jusqu’au village de Changu Narayan, six kilomètres plus haut dans la vallée. On comprend que pour le bus cette fois ça va être vraiment compliqué. Les gens sont entassés à l’intérieur, certains assis sur le toit, d’autres agrippés aux portes à l’extérieur du véhicule… On entreprend donc l’ascension à pied, avec Aurélie et Baptiste qui avaient aussi prévu la visite du village. Ça grimpe, mais le paysage vaut le coup, des rizières, des champs de maïs, et puis dès que le ciel se dégage l’immensité de Katmandou.

La visite du village est rapide, le temple est magnifique mais c’est le seul intérêt que présente ce lieu. On déjeune devant un panorama qui laisse rêver, des rapaces tournent encore et encore au dessus de la plaine à quelques mètres de nous, on se régale du spectacle presque autant que nos Banana Lassi!    

Notre dernier jour dans la vallée est consacré à Bhaktapur, on arpente les ruelles de la ville une bonne partie de la journée. Le Durbâr Square est splendide, il y a encore une fois des petits temples partout dans la ville, certains cachés derrière de magnifiques portes. On s’arrête dans un bar splendide, décoré de bois sculptés, de babou et de superbes plantes vertes pour une petite pause presque européenne. L’espace d’un instant on se croirait à la maison, déco bobo branchée, service rapide et dans un anglais parfait, prix presque parisien!

En sortant, les chèvres se promenant partout sur la place nous ramène au Népal. On continue à visiter cette ville singulière, une des seules dont la municipalité a compris l’intérêt du tourisme. La ville est propre, c’est la première fois que nous voyons des poubelles dans la rue! Partout des hommes s’affairent à reconstruire les temples, il y a des chantiers un peu partout mais nous n’avions pas encore vu une ville si occupée à restaurer et conserver son patrimoine. Le ciel se couvre dangereusement mais nous voulons en voir plus, quelques photos de la fenêtre Paon, célèbre dans toute la ville et l’orage craque. Nous rentrons trempés à la guesthouse mais contents d’avoir vu tout ce que nous voulions voir!

Demain nous retournons sur Katmandou pour finaliser notre visa indien. Le calme relatif de la vallée va nous manquer! Nous quitterons ensuite la région mais nous ne savons pas encore pour où… La campagne ou la montagne, nous devrions bientôt être fixés.

4 commentaires

  1. Je retiens des couleurs magnifiques et vos sourires merveilleux !
    Merci pour ce partage qui sent bon les épices douces ou plus plus instances de l’autre bout du monde

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