Bohol: 2019 l’année de la Tortue

L’arrivée à Bohol est moins reposante que la précédente. Le pick-up n’est pas là, on attend notre chauffeur pendant presque une heure. On s’entasse à 5 avec toutes les valises dans une voiture pas assez grande, notre chauffeur nous explique qu’on vient de l’appeler pour venir nous chercher. Le van que nous avait réservé la propriétaire de notre nouvelle location n’est jamais arrivé. Il nous dépose dans notre nouveau chez nous, ah non! Erreur d’adresse, on repart, et après plus d’une heure on arrive enfin. La maison a l’air jolie, mais personne n’est là pour nous accueillir. Ce sont finalement deux autres locataires logés à l’étage qui nous ouvriront. On est vaguement accueilli par on ne sait qui, les photos étaient bien plus flatteuse que la réalité. La maison est sombre, sent l’humidité, des fourmis y ont élu domicile, la piscine est inutilisable et des travaux à l’étage font trembler les murs… on n’est moyennement convaincu. On s’en fiche, on ne sera là que pour dormir! On demande juste à la propriétaire qui fini par arriver toute débraillée si on peut avoir de la vaisselle et des chaises pour tout le monde, mais ce n’est pas possible nous dit-on. Visiblement on les embête beaucoup… quand un rat passe sur la terrasse, c’est le coup de grâce, ça fait un peu trop. Lorsque l’on émet des doutes sur le fait de rester, on nous coupe l’électricité… Bon, c’est décidé on s’en va! La propriétaire a à nouveau disparu, on la fait demander par des enfants en bas âge qui jouent devant la porte par  laquelle elle a disparu quelques minutes plus tôt. Un homme occidental en sort, la braguette encore ouverte: « elle est occupée, vous pouvez partir vous serez remboursez ». Visiblement on l’a dérangée pendant le travail… Cette fois on s’en va, on grimpe dans trois tuktuks et au même moment, un autre homme occidental se fait déposer devant la maison… On ne sentait pas à l’aise depuis le début, on comprend mieux, une maison de passes devant laquelle des gamins jouent, il y a mieux pour passer le nouvel an!

Nous trouvons un hôtel pour la nuit, et les nuits suivantes. La ville est surpeuplée à l’approche du nouvel an. On devra donc changer d’hôtel régulièrement jusqu’à la fin de vacances, une nuit par ci une nuit par là, mais la ville n’est pas bien grande, tout est à côté de tout, alors ce n’est pas bien grave.

Enfin installés, nous partons en van pour faire un tour de l’île, au programme le circuit classique: Chocolate Hill, les tarsiers, et quelques autres arrêts touristiques qui présentent plus ou moins d’intérêt.

Notre premier stop, à l’intérêt limité, c’est une statue en bronze représentant le pacte de sang des premiers colons espagnols avec les habitants de Bohol au seizième siècle. De toute beauté… Normalement derrière il y a la mer, mais la  vue est maintenant obstruée par des panneaux opaques… Notre chauffeur tient à ce que nous fassions LA photo, la photo de chinois disons le… La statue méritait au moins ça.

La deuxième arrêt, c’est une impressionnante église qui est malheureusement fermée, nous y repasserons au retour. Troisième arrêt, dénué d’intérêt, une route qui traverse une forêt, les gens mitraillent de photos, s’assoient au milieu de la route, il y a des dizaines de van. On ne comprend pas tellement, on a un peu l’impression que c’est un arrêt pour que le tour vendu par les agences durent toute la journée, quelques minutes de gagner dans un programme… Bref on ne s’attarde pas et on est reparti.

Enfin les Tarsiers! Ce sont des minis boules de poils, à peine plus grande qu’une orange avec des yeux immenses et de très longs doigts. Entre maître Yoda et un Gremlins. On peut les découvrir dans un parc, une sorte d’immense forêt entourée d’un enclos. Les tarsiers sont des animaux nocturnes, la journée ils ne bougent pas d’un pouce et restent accrochés à leur branche. La nuit, ils deviennent de redoutables prédateurs: ils se nourrissent d’insectes, d’oiseaux et même de serpents! On adore découvrir de nouveaux animaux et ceux là ont quelque chose de vraiment craquant. Le parc n’est pas un attrape touriste, en tout cas, il ne fait pas cirque. Et Ô miracle, tout le monde respecte les animaux, pas un bruit, pas une perche à Selfie à deux centimètres de la boule de poils endormie.

Nous atteignons Chocolate Hills, un paysage incroyable, des pains de sucres surgissant de nul part à perte de vue. La météo rend le spectacle encore plus beau, d’un côté un ciel dégagé, de l’autre noir, lourd. Le nom de ces drôles de collines leur vient, de la couleur marron qu’elles prennent lorsque le soleil brûle la végétation. Pour l’instant elles sont encore bien vertes.

C’est déjà l’heure du retour, et nous nous arrêtons à nouveau pour visiter l’église. Chouette, elle est ouverte! Il y a du monde, une foule habillée en blanc, aaah et un cercueil aussi. Nous voilà tombés en plein enterrement, on ressort discrètement et nous allons visiter le musée accolé à l’église, il est vieux, pittoresque, et on se demande si on ne va pas passer à travers le plancher mais il est plein de charme. Son côté décalé a quelque chose de mystique. Un bâtiment vieux de cinq cents ans, en pierres et bois, imposant, dans l’esprit forteresse, au bord de la mer. Et l’intérieur, des reliques et des icônes poussiéreuses et mal conservées… fin de cette journée découverte, Valérie la maman de Douce, qui était restée à l’hôtel pour profiter du soleil nous a organisé la journée du lendemain! Journée en bateau et découverte des îles alentours.

A six heures nous sommes prêts à embarquer, le petit dej dans les sacs, quoi de mieux pour commencer la journée que de déjeuner sur l’eau en cherchant les dauphins? Nous suivons des dizaines d’autres bateaux sur la trace des dauphins, un grand groupe sortira juste devant le notre, c’est toujours impressionnant de se retrouver si près de ces gros poissons, malheureusement le nombre impensable de bateau tout autour gâche un peu le spectacle, c’est vraiment l’attraction du coin… Il y a des moments où l’on aimerait être seuls au monde et ne pas partager avec les bateaux plein de touristes chinois, mais c’est comma ça.

Premier arrêt à Balicasag Island, et snorkling au dessus d’un tombant réputé pour être un spot à tortues. A peine descendus du bateau, une nous file entre les jambes, nous passerons plus d’une heure à les observer. Incroyable, on est aux anges, retour sur la plage pour une petite pause, mais la tentation est trop forte, on y retourne, les tortues sont à quelques mètres de nous, on veut en profiter. Deuxième session magique, une dizaine de tortue dont certaines s’approchent vraiment très près de nous; Contrairement aux dauphins rencontrés plus tôt, nous sommes seuls à profiter de ces moments incroyables. Ce sont à chaque fois des moments uniques, on est comblé. Nous reprenons le bateau pour Virgin Island, petit banc de sable blanc au milieu de nulle part, des dizaines de pêcheurs vendent leur récolte fraîchement grillée au barbecue, Valérie se régale d’oursins, nous de noix de coco fraîche.

Quelques photos, et il est l’heure de rentrée, la mer est agitée, on prend l’eau heureusement, le trajet n’est pas très long.

Le lendemain c’est l’heure de dire au revoir à Benoit, il doit rentrer à Berlin pour son travail. Les aurevoir sont difficiles mais on relativise, on a eu la chance de partager la semaine de Noël pleines d’amour, de tortues et d’apéros tous ensemble au bout du monde.

Il nous reste quelques jours à passer l’île, et c’est déjà l’heure du nouvel an, nous avons réservé un repas sur la plage. Il y a un monde fou, et l’ambiance est au rendez vous, spectacle de cracheurs de feu, danses, concert, feu d’artifice, le tout les pieds dans le sable. Quand sonne minuit on ne peut que se souhaiter que l’aventure continue! Le lendemain, on se fait une journée plage, quand le ciel daigne nous laisser profiter du monde extérieur on saute sur l’occasion. On devra même passer une journée entière à l’hôtel, des averses s’abattent sur l’île toute la journée et rendent toutes sorties impossibles. Le lendemain, nous repartons pour une journée en mer, sur Pamilcan Island, une petite île de pêcheur, plus loin de Bohol et beaucoup moins fréquentée. Une petite session snorkling bien moins convaincante que la dernière, le vent et la pluie d’hier ont rendu la visibilité plus que limitée. On distingue quand même quelques tortues… L’île est vraiment préservée, on fait un petit tour à pied, une forteresse, des maisons colorées et comme toujours des enfants qui nous saluent et nous sourient.

Le soleil brille pour ce dernier jour, nous prenons le Tuktuk pour nous éloigner du centre et se poser sur une jolie plage plus isolée. On peaufine notre bronzage et on essaye de ne pas trop penser que demain, il faudra dire au revoir.

Une dernière soirée à l’oasis, un restaurant où nous avons pris nos habitudes, de bons cocktails, un dernier repas tous ensemble, et après une courte nuit, c’est l’heure des au-revoir, notre bateau part à six heures du matin. Tout le monde retient ses larmes (ou pas), et on se dit à tout à l’heure, août c’est dans pas si longtemps.

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