Battambang: l’air de la campagne

Arrivée tardive à Battambang. On a mis plus de temps que prévu, la joie des routes cambodgiennes! Notre hôtel est en plein centre, à quelques centaines de mètres de l’agence où le bus vient de nous déposer. Premier constat, la ville est vraiment très sale… On est franchement pas loin de ce qu’on a pu voir en Inde. C’est la fin du marché et des montagnes de détritus sont jetés à même le trottoir; fruits pourris, plastique, poissons plus très frais, polystyrène… L’odeur est un vrai régal! On s’installe rapidement dans notre chambre qui est plutôt confortable! Petit tour rapide sur TripAdvisor, on repère un restaurant à deux pas de chez nous, un petit dîner, et c’est l’heure d’aller se coucher! Demain on part visiter la campagne!

Notre Tuk-tuk nous attend, direction le nord de la ville. Premier arrêt: un “fish market”. Il s’agit plutôt d’une petite entreprise bien locale de fabrication de sauce Nuoc-mâm, une sauce à base de poissons fermentés, destinée essentiellement à se retrouver dans des bouillons d’après notre chauffeur… Encore une fois notre odorat est mis à rude épreuve, de bon matin ça pique sérieusement. Le poisson est vidé dans des grands bacs à l’hygiène douteuse. On est pas prêt d’en manger! Le reste des poissons sèche dans du sel, on fait le tour en apnée, on prend deux trois photos. Les pêcheurs ne sont pas très bavards ou souriants, les touristes qui défilent ça doit les déranger plus qu’autre chose. On ne s’attarde pas.

Deuxième arrêt, la fabrique artisanale de feuille de riz. Notre chauffeur de tuk-tuk nous explique le procédé. C’est une toute petite entreprise, mille feuilles de riz sont produites chaque jour. Quand un grand groupe de touristes s’arrête quelques minutes plus tard, on comprend que c’est plutôt une attraction qu’une production… Il y d’ailleurs un stand qui vend des vêtements et des souvenirs entre deux plaques de séchage de galettes de riz… On est content de voir le processus mais on ne s’éternise pas. Sur la route, on croise encore et encore des petites fabriques de ce genre.

Troisième stop dans un temple. On retrouve un édifice en ruine, dont quelques pierre tiennent encore debout. On va pas se mentir, on est loin de ce qu’on a pu voir à Angkor même si celui là est plus vieux encore… Après le Laos et Angkor, on devient difficile niveau temple… Juste à côté un bouddha géant assez impressionnant qui se prête bien à quelques photos…

On a repéré un lac un peu plus loin de la ville où l’on aimerait bien aller faire un tour. C’est alors le début d’une longue galère. Nous voilà embarqués sur une route de cailloux qui va nous faire sauter de nos sièges pendant plus d’une heure. Le supplice semble interminable et on ne peut que regretter que le tuk-tuk ne soit équipé d’aucune suspension pour adoucir la peine. Disons qu’un quad aurait été plus approprié… On nous avait promis une campagne verte et luxuriante mais ici tout est plat, l’horizon dégagé, sans grand intérêt. Pour autant, notre chemin sera ponctué par quelques pauses amusantes (et bienvenues). Un éleveur de canards fait prendre un bain à ses volatiles, les tracteurs charrient des montagnes de paille et quelques pêcheurs exposent fièrement leur prise du jour; une sorte de gros poisson-chat.

Lorsqu’on retrouve une route asphaltée c’est le bonheur. Nous voilà enfin arrivés au lac. On constate rapidement que peu de monde s’aventure jusqu’ici. Nous voilà loin des touristes,  notre chauffeur nous explique: “En quatre ans de tuk-tuk, c’est la cinquième fois que j’emmène quelqu’un ici”. On embarque pour un petit tour de bateau sur le lac. Après quelques minutes nous nous retrouvons au beau milieu d’une ferme de lotus en fleur. Le bateau s’enfonce dans le champs où le conducteur nous fait goûter les lotus! En effet à une fois la fleur tombée, un bulbe conique se forme avec de gros pois à l’intérieur. Ça a plus ou moins le goût de fèves crues. Le propriétaire du bateau est super sympa et nous fait faire quelques photos marrantes et nous laisse même prendre les commandes de son bateau pour rentrer à quai! Une superbe balade.

La journée n’est pas encore terminée, un dernier spectacle tout à fait incroyable nous attend. Après encore un bon bout de route, nous arrivons au pied d’une colline abrupte. Nous entamons ce début de soirée confortablement installé pour l’apéro en compagnie d’un couple de français, Mathilde et Baptiste, rencontré la veille et recroisé par hasard ici même. Quelques minutes plus tard, c’est des milliers de chauves-souris qui sortent de la grotte, dessinant une étrange vague ondulante dans un ciel grisâtre. Plus de 10 millions de chauves-souris (on ne s’est pas donné la peine de recompter) sortiront de la grotte pendant plus d’une heure.

Le spectacle se  termine à la nuit tombée et nous décidons de rentrer avec notre chauffeur qui a visiblement lui aussi pris l’apéro… On croisera les doigts pendant la demie-heure de route qui nous sépare de l’hôtel. ISeul le phare avant défaillant de notre bolide éclaire une route encombrée par des véhicules divers et variés que notre chauffeur s’empresse de doubler systématiquement. On finira par arriver entier, c’est le principal.

Deuxième jour à Battambang, on préfère fuir la ville réputée pour son architecture coloniale mais qui nous paraît juste sale et sans charme particulier. Nous voilà reparti avec un nouveau chauffeur de tuk-tuk. Un sacré bonhomme plutôt âgé, filiforme, équipé de grosses lunettes de soleil rectangulaire arborant un sourire édenté. Son look un peu rétro lui donnerait presque des petits airs de mafieux asiat’ des années 80-90. Il s’avérera adorable et très intéressant. Il commence par nous acheter une “confiserie” bien locale. Il s’agit de copeaux de riz pressés en petits cylindres, saupoudrés de sucre, de sel et de graines. Apparemment, presque plus personne n’en produit car seules quelques personnes âgées en mangent encore. Ambiance le Père Noël est une ordure, il y a une deuxième couche à l’intérieur… C’est vraiment pas très bon mais on ne manquera pas de lui dire que c’est excellent, évidemment.

On part direction un temple pas très loin mais c’est surtout un prétexte pour découvrir la campagne. Si hier on était resté un peu sur notre faim, le chemin que l’on emprunte nous émerveille. Notre chauffeur s’arrête régulièrement pour nous montrer tous les arbres fruitiers des fermiers du coin. Bananes, papayes, mangues, durians, et bien entendu cocos font plier les branches des arbres alors que les ananas poussent à leur pied. Le chauffeur prend le temps de discuter avec les paysans, nous parle du pays et de la campagne qu’il connait bien.

En continuant notre promenade, nous arrivons dans un petit village de pêcheurs. A peine arrivés, les enfants accourent et veulent jouer avec nous. Dès notre arrivée au Cambodge on a eu un petit coeur  pour  les enfants d’ici, ils sont curieux, souriants et vraiment adorables. Dès qu’ils voient passer un tuk-tuk ou des touristes ils crient fièrement “HELLO!” accompagné d’un sourire et d’un signe de la main. Globalement les locaux sont tous vraiment sympathiques et avenants. En Inde aussi on nous saluait régulièrement mais c’était presque systématiquement pour nous vendre quelque chose, quant au Laos, la timidité des locaux laissait peu de place aux interactions. Ici rien de tout ça et c’est un vrai plaisir. On jouera un moment avec eux et on finira par leur offrir gracieusement les confiseries de riz qu’ils semblent apprécier… On est généreux ou on ne l’est pas!

On continue vers un petit marché de quartier où notre chauffeur nous achète quelques beignets de patates douce que l’on mange en observant les chauve-souris entassées dans les arbres.

Nous voilà arrivé au temple Wat Banan. Deux petits lacs bordent trois cent cinquante marches qui se dressent devant nous pour accéder au site en question. Une fois au sommet, le lieu ne manque pas de charme et offre une belle vue panoramique sur les environs.

Dernier arrêt, un vignoble! Douce est en mal de vin depuis notre départ. Ça lui manque terriblement. On arrive dans un endroit bien touristique. Il ne s’agit même pas du vignoble à proprement parlé, les vignes sont perchées sur on ne sait quelle colline…  Mais maintenant qu’on est là on va pas se priver pour faire une petite dégustation. On s’attendait à rien et on a quand même était déçu. Premier essai, le vin: même dans la vinaigrette, on ne le mettrait pas, verdict unanime: c’est imbuvable . Sur le brandy les avis sont plus partagés, alors que Douce le trouve plutôt buvable, Doudou y trouve des relents de détergent. Le jus de raisin quant à lui était bon, il fallait au moins ça. Heureusement, il reste la Gaviscon pour les brûlures d’estomac, il aura suffit d’un verre… 

C’est donc sur une note acide et sous la pluie qu’on finira cette journée. Heureusement cette dernière découverte ne reflète pas le reste de la visite…  Battambang reste une magnifique surprise tant les gens nous ont réchauffés le coeur de leur sourire et les paysages nous ont émerveillés de leur beauté. Une ville sans grand intêret à notre avis mais une campagne magnifique, qui vaut vraiment le détour… Demain direction le sud et Kampot, la ville du poivre!!

1 commentaire

  1. Qu’il est bon de retrouver vos articles 😜😍😍😍…. J’étais en manque ❤️
    Merciiiiiii de me faire voyager dès le réveil 😊
    Énormes bisous 😘💕

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