De Puerto Montt à Chiloe: Entre surprise et bout du monde pluvieux

Aujourd’hui est un grand jour, mais ça Doudou ne le sait pas encore… Réveil matinal pour prendre le bus direction Puerto Montt, ville sans grand intérêt majeur si ce n’est qu’elle possède un aéroport.

Le cœur de Douce bat à mille à l’heure, des semaines qu’elle se mord la langue, Kevin arrive! Kevin c’est le meilleur ami de Doudou et depuis l’Australie, avec Douce, ils complotent. L’idée de la surprise leur est venue rapidement, imaginez la tête de Doudou si il le voit débarquer au beau milieu du Chili. C’est donc parti pour cinq heures de bus, en direction de Puerto Montt, Douce qui a peur de gaffer au dernier moment, préfère dormir, le plus longtemps possible!

Arrivée dans la ville à treize heures, rapide coup d’œil au téléphone, pas de nouvelle…Heureusement, il y a Manon, la meilleure de Douce qui depuis des semaines sert d’intermédiaire pour la surprise. Un rapide message: son avion a atterri. Il n’y a plus qu’à… Show must go on!

On arrive au airbnb que Douce a loué, trois couchages, deux chambres! Douce joue l’idiote: “jai pas fait gaffe en réservant qu’il y avait une chambre en plus”, Doudou à l’humour légendaire réplique: “ ce serait quand même bien le moment de se prendre la tête! Chacun sa chambre! Hahahahaha” – AHAHAH… NOOOON!

Douce surveille discrètement la fenêtre, une navette d’aéroport apparaît enfin! Douce se planque et attend. On frappe à la porte, Doudou va ouvrir et là, sa tête vaut tout l’or du monde. Incompréhension, surprise, joie… Il regarde Douce l’air de dire: t’étais au courant toi? Moment retrouvailles fort en émotions, embrassade et quelques larmes, le Chili se sera donc: Globe Douceur et Kevinou!

Il est temps de planifier la suite des événements autour d’un apéro, dans un premier temps, cap sur Puerto Varras, à quelques kilomètres de là. Une petite ville au bord d’un lac, pleine de charme. On pose nos bagages dans une chouette auberge, où les garçons repèrent rapidement un barbecue! Une longue balade dans la ville sous un grand soleil, et on se dépêche de faire les courses: côte de bœuf, salade, et apéro!

En sortant, la nuit est tombée et le froid aussi! On est en montagne, ça nous était presque sorti de la tête! Les garçons enfilent les manteaux pour le barbecue pendant que Douce reste au chaud près du poêle. Après ce bon repas, tout le monde au lit, demain on a programmé une petite rando au milieu des volcans!

Après un petit déjeuner de trekkeur, une heure de bus « collectivo », on arrive à Petrohué, là où commence la balade! En descendant, on comprend notre erreur, il y a bien un panneau avec écrit en grand: « Petrohué, six kilomètres » écrit en petit! Oups! On est en fait dans une sorte de marché artisanale pour touristes avec une possible visite de cascades… Pas le plan initial, on attend donc le prochain bus en mangeant nos sandwichs! Il arrive après quelques minutes et nous dépose à destination.

Après notre inscription à la CONAF (la coopération national forestière), qui gère tous les parcs nationaux du pays, on peut rentrer dans le parc de Parc national Vicente Pérez Rosales, et partir à la découverte del Camino de la Desolación, le très encourageant nom de notre randonnée…

Deux heures de montée plus ou moins raide dans du sable pour accéder au mirador de la Picada. Douce pas tout à fait remise du volcan, râle un peu… Deux garçons pour l’encourager, ça fait ressortir son côté princesse et elle en profite un peu. Une vue à 360° sur le lac et les volcans, un régal pour les yeux! Effort largement récompensé, Douce se voit dans l’obligation de cesser tout bougonnage intempestif!

Une séance photo pour immortaliser le moment, et c’est déjà l’heure de la descente. On décide de changer de chemin, et après une descente rapide, on longe le lac pour revenir sur nos pas. On est large, il est cinq heures et demi, le dernier bus pour Puerto Varras ne part qu’à six heures vingt! On repasse au bureau de la CONAF signaler notre sortie du parc afin d’éviter qu’ils partent à notre recherche à la nuit tombée et on voit au loin un bus! Le dernier! Mauvaise info ou mauvaise compréhension hispanique, toujours est-il qu’on l’a échappé bel! La ville de Pétrohué se compose d’un camping pour tente et d’un hôtel de luxe, point barre! On est équipé ni pour l’un ni pour l’autre!

Retour au Mama Hostel, notre chouette auberge. Demain on a réservé un bus pour l’île de Chiloé, à quelques deux cents kilomètres

Chiloé

Après un interminable trajet en bus et en ferry, nous voilà sur Chiloé, l’île aux cent cinquante églises! Datant du 17ème siècle, colorée, en bois, de styles différents et il faut bien l’avouer un peu déroutante! 

On pose nos sacs dans une auberge en bord de mer et on file déjeuner, il est 15 heures et on meurt de faim. Le restaurant est inscrit dans routard comme étant le meilleur pour déguster des empañadas, on trouvera surtout que niveau quantité d’huile de friture au centimètre on frise l’excellence.

Après ce repas gras à souhait, il est temps d’éliminer, on se balade dans la ville. Maisons sur pilotis, maisons colorés, le tout au bord de l’eau, de quoi occuper tranquillement cet après-midi.

Le temps file et il est l’heure de l’apéro. Il est temps de réparer une faute grave: on n’a pas encore goûté le Pisco Sur, cocktail emblématique du Chili (c’est du moins ce que les chiliens prétendent: le pisco c’est chilien, pas péruvien… affaire à suivre au Pérou donc!) Quelque que soit son origine, ça se laisse boire et après trois tournées de cocktails et le monde refait en long en large et en travers, il est l’heure d’aller se coucher.

Réveil presque matinal, presque sans mal de crâne et presque sans brûlure d’estomac, on décide d’aller faire le tour de l’île de Lemuy, une île minuscule abritant elle aussi de jolies églises. Bus très local, routes interminables, ferry et on arrive enfin! Après deux heures de route, le bus nous laisse à Detif, hameau aux allures de bout du monde. L’église est imposante mais surtout elle est fermée… le village est désert, il commence à pleuvoir et le bus ne repasse que dans une heure… On a parfois eu des idées brillantes mais celle là…

On aurait dû louer une voiture, clairement, on a loupé le coche! On voit du mouvement sur la plage! Des humains! On se rapproche et on se rend compte qu’une dizaine de personnes sont en train de ramasser des déchets sur la plage. Quelques bouteilles mais surtout des centaines de kilos de fils de pêche et de cordes. En effet, l’île est entourée de parcs à huîtres, et ils rejettent sur la plage des mètres et des mètres de cordelettes. On ne va pas les regarder faire, le bus ne passe que dans une quarantaine de minutes, alors entreprise ou association (on n’a pas bien compris), on met la main à la patte! Pas longtemps, pas beaucoup mais notre visite n’aura pas été complètement dénuée d’intérêt.

C’est reparti pour un tour en bus, direction la grande ville de l’île de Lemuy, Puqueldón. Encore une belle église fermée… décidément! Il est presque cinq heures et en plus de n’avoir rien fait, on a rien mangé… Arrêt au seul restaurant de l’île, on y entre quelques minutes avant le déluge! On est bien sûr les seuls clients, et on est servi comme des princes. Il est temps de rentrer, hors de questions de louper le dernier bus… C’est donc reparti pour près de deux heures de transport! Bilan de la journée en demi teinte: des heures et des heures pour ne rien faire. Ça fait aussi parti du voyage! Le lendemain on file prendre le bus, on quitte Chiloé en se disant qu’on est sûrement passé un peu à côté. L’île est jolie mais à notre humble avis ne mérite peut être pas toutes ces éloges!

C’est donc parti pour une journée transport: il est midi quand nous quittons l’île et l’arrivée prévue à Valparaiso c’est demain matin, dix heures.

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