Pucon: L’ascension du volcan Villarica et les thermes Geometricas

Notre bus arrive à Pucon à sept heures. Douce a fait une bonne nuit, bercée par la route, Doudou aimerait pouvoir en dire autant. Le décalage horaire est encore bien présent mais ça s’arrange doucement. Une fois les bagages posés à l’auberge French Andes, l’objectif de la journée est de réserver nos activités pour demain et après demain. 

On se dirige donc vers l’agence Aguaventura tenue par les mêmes proprios que l’auberge. On se renseigne sur l’ascension du volcan et sur les thermes que l’on a repéré sur le routard. Apparemment rien de bien difficile nous dit-on pour le volcan alors: banco! On en profite pour réserver les thermes qu’on se fera le lendemain de notre grimpette volcanique.

Pas plus aujourd’hui, on fait quelques courses et on se pose à l’auberge. On passe la soirée dans le magnifique jardin de l’auberge à discuter avec Boris et Alexia, un couple de français en vacances.

Rendez-vous à six heures et demie à l’agence, on a bien dormi malgré le réveil matinal, on est donc en forme pour attaquer le Villarica. On est plutôt confiant, entre notre trek de cinq jours au Népal, les vingt kilomètres du Tongariro et toutes les longues balades qu’on a faite en Nouvelles-Zélande, on se dit que ça devrait le faire sans trop de soucis. On s’est aussi renseigné sur internet, bref les avis sont unanimes, c’est sportif mais faisable. C’est bon à savoir car on nous confie un sac de dix kilos d’équipement pour la montée. On s’équipe et en voiture Simone! Nous voilà parti avec nos trois guides et six autres personnes, et elles ont toutes l’air sportives, mais du genre très sportives. Après une heure et demie de route on arrive au pied du volcan. A ce moment deux choix s’offrent à nous: commencer l’ascension ou prendre un téléphérique pour gagner 400 mètres de dénivelé. D’après les avis que nous avons pu lire et entendre, il vaut mieux s’épargner ces premiers mètres car ils sont assez fatiguants et n’offrent pas de vue particulière. Comme le reste du groupe, on monte sur le  télésiège de la mort (il n’y a pas de barrière) et on s’envole pendant une quinzaine de minutes. Le spectacle du lever du soleil sur la mer de nuage qui recouvre la vallée est splendide.

C’est le départ! Motivés, on suit nos guides qui zig-zag dans la montée. Dès le début Doudou peine. En effet, ça fait un moment qu’il a mal aux pieds et au dos, or le sac et la montée n’arrangent pas l’affaire, au contraire. L’angoisse monte un peu car si ces douleurs ne passent pas, alors la journée risque d’être particulièrement longue. Les premiers mètres sont vite avalés et après deux cents mètres de dénivelé on a le droit à une première pause. Pour le moment ça va, les muscles s’échauffent doucement et on a un bon rythme. On reprend rapidement pour encore environ deux cents mètres de plus, ça commence à tirer franchement, euuuh facile, facile… Il nous reste six cents mètres de dénivelé, on commence à se demander dans quoi on s’est embarqué. Au prochain arrêt il est temps d’enfiler les crampons et d’attaquer le glacier. On nous explique rapidement comment utiliser un piolet et on se lance toujours en zig-zagant dans les traces de pas du guide qui ouvre la marche. La progression est presque plus simple dans la neige. Doudou va mieux, il oublie les douleurs mais Douce montre quelques signes de fatigue, l’équipement pèse une tonne, bref à ce moment là, tout est dans la tête. Il faut se mobiliser car il reste presque la moitié du chemin à parcourir. Heureusement la vue rattrape tout, chaque pause est un bonheur sans nom, se poser même cinq minutes devant ce magnifique spectacle est ça repart… 

On est donc reparti, Doudou encourage Douce (et lui même) pour affronter la dernière partie de neige. C’est long, ça tire et Douce est au bord de la crise de tachycardie mais elle tient bon. On constate quand même qu’on est parti un peu trop confiant et que la montée est vraiment difficile physiquement. On est essoufflé, on a fait tombé depuis longtemps les couches de vêtements en trop car le soleil est au rendez-vous et le vent presque inexistant. Ça c’est une bonne nouvelle. Dernière pause avant la fin. Douce est à bout (et râle un peu du coup). Le palpitant à 4000, elle pense ne pas avoir la force de continuer. Doudou dévore ses sandwichs (et ceux de Douce) pour reprendre des forces et terminer la montée.

On enlève les crampons, on laisse les sacs sur place et une fois reposés, on repart. Douce puise dans ses derniers retranchements et ne lâche rien. Elle ira jusqu’au bout avec Doudou derrière pour l’encourager. La dernière partie est rocailleuse et il faut parfois s’aider des mains pour progresser. On transpire comme jamais et après un ultime effort qui semble interminable on aperçoit enfin le cratère. Putain! Délivrance. On l’a fait et on n’est pas peu fier! Le spectacle est magique mais il faut quelques minutes pour en profiter vraiment. Le cratère fumant est impressionnant. On a les masques pour éviter les vapeurs de souffre mais comme il n’y a pas de vent pas besoin de les mettre. Une légère odeur de souffre embaume l’atmosphère. On passe une vingtaine de minutes à admirer ce spectacle et prendre autant de photos que possible. On retrouve le sourire pour immortaliser le moment, parce que parole de Douce, c’est pas près d’arriver de nouveau!

Il est déjà temps de faire demi tour. Il y a encore environ deux heures de descente alors on ne perd pas de temps. On retrouve nos affaires  et on commence à s’équiper pour la descente en luge! La partie la plus fun et la plus simple de la journée! Sur-chaussures, pantalon et veste étanches, on met notre pelle en plastique sous les fesses et on se laisse glisser dans des sillons, plus ou moins profonds, tracés dans la neige. L’idée est de se servir du piolet en guise de frein. Technique plus ou moins efficace, qui n’empêche pas quelques sorties de route et de gentilles gamelles. On profite donc de cette bonne demie heure de détente puis il est temps de se déséquiper, de remplir notre sac de vêtements enneigés et d’utiliser nos muscles, du moins ce qui l’en reste, pour finir la descente.

La descente a le mérite d’être super facile et agréable. On s’enfonce jusqu’à mi mollet dans la poussière volcanique ce qui épargne les genoux et facilite la descente. Enfin ça ne nous empêchera pas de tomber un nombre incalculable de fois alors que tous les autres gambadent allègrement. On parvient enfin à la voiture après une grosse heure de marche. On est fané mais fier. On est allé au bout. Au retour, on aura le droit à une petite bière sur la terrasse de l’agence avec les guides et nos compagnons d’expédition. Fin de journée à ne rien faire. Demain on a les thermes et on a hâte!

Aujourd’hui grasse mat, on ne part pour les thermes Geometricas qu’en début d’après-midi. Il faut deux heures pour rejoindre l’endroit sur une route de plus en plus impraticable. Le temps est partiellement couvert et ce n’est pas plus mal, la fraîcheur extérieure nous donne encore plus envie de plonger dans l’eau bouillante! On découvre un lieu charmant, perdu en plein milieu de la végétation, composé d’une vingtaine de bassins reliés par un chemin de bois rouge.

Il y a pas mal de monde mais on s’en fiche. La température des bassins varie entre 35°C et 41°C. On saute de bassin en bassin pour trouver les plus chauds. On jette notre dévolu sur un qui nous semble très bien et on barbote presque deux heures dedans. Il est déjà temps de repartir alors on revient progressivement sur nos pas en passant de bassins en bassins et Oooh misère! On découvre un bassin bouillant, absolument vide dans lequel on aurait dû se poser depuis le début! Tant pis, il est l’heure, on rentre à l’auberge. Demain direction Puerto Mont où une grosse surprise attend Doudou!

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