San Pedro de Atacama: l’ascension du volcan Lascar

Cinq heures trente! Kevin et Doudou chaussent leurs chaussures et c’est parti pour l’ascension du volcan Lascar. Douce passe son tour cette fois-ci, les souvenirs douloureux du Villarica sont encore bien présents dans son esprit. On fait la connaissance de Carlos notre guide avec qui on embarque. Pour cette ascension on est passé par l’agence Voyage Atacama, une boîte tenue par Tim un belge très cool qui nous a proposé un prix intéressant pour monter juste tous les deux avec Carlos un Chilien francophone. Pour le coup, notre guide a l’air d’être un pro, il passe le plus clair de son temps à faire des expéditions de plusieurs semaines dans la montagne alors on n’est pas trop inquiet.

La route est un peu longue mais on discute avec Carlos et finalement le temps passe vite. On arrive au bord d’une lagune après une heure de route. Petit déjeuner mémorable, on garde un œil sur le Lascar pendant qu’on dévore notre baguette et nos pains au chocolat de la boulangerie française de San Pedro de Atacama. Le reflet des autres volcans sur la lagune nous accompagnent pendant qu’on se réchauffe avec notre café.

 

Il est temps de se mettre en route. Le Lascar n’est à priori pas un volcan compliqué à monter, la véritable difficultés c’est l’altitude. En effet, l’ascension commence à 4800 mètres soit plus haut que le Mont-Blanc pour finir à 5 640 mètres. 840 mètres, c’est pas grand chose hein? Sauf qu’à cette hauteur ce n’est plus la même histoire. Déjà, il faut prévoir un temps d’acclimatation. Par chance ça fait cinq jours qu’on est arrivé dans le désert d’Atacama, on a fait plusieurs excursions à plus de 4000 mètres donc ce n’est pas trop mal. Une grosse partie de la montée se joue aussi la veille et le matin. Il faut boire. Boire, boire, boire et que de l’eau! C’est ce qu’on a fait alors on devrait être bon! On garde donc la voiture à flanc de volcan, on chausse les chaussures que l’on a louées chez Locaventura (seul endroit où louer du matos à San Pedro de Atacama) et c’est parti!

Bâtons en mains on commence à monter et les vingt premiers mètres nous mettent tout de suite une claque. La sensation est vraiment bizarre, nos corps semblent nous dire “Heuuu, qu’est-ce qui se passe là? T’es sûr de vouloir faire ça?”. C’est vraiment très étrange comme sensation. Une fois ces premiers mètres passés, on sent que tout va se jouer sur la respiration. Le terrain est vraiment sans embûche mais chaque pas nécessite de la concentration. Chaque mouvement doit être calculé et toute accélération ou mouvement inutile se paye direct. L’idée, c’est de progresser doucement mais de façon régulière et continue. Pas besoin de faire de grande enjambée. Pour ça Carlos est au top, il impose le bon rythme et on avance bien.

Première pause au bout d’une heure. On a fait environ 200 mètres de dénivelé. Quand on s’arrête, on se rend compte de la difficulté à reprendre son souffle et du cœur qui tape plus que d’habitude pour ce genre d’effort. La pression atmosphérique diminue au fur et à mesure qu’on grimpe et on prend donc moins d’oxygène à chaque bouffée d’air. On fait un break de quelques minutes, on mange quelques noix, un trekkeur fuel (notre petit surnom pour les barres de céréales), et on boit encore beaucoup. La vue est incroyable.

On reprend l’ascension. On avance bien et sans trop de difficulté alors, le prochain arrêt sera au cratère. Le temps est idéalement nuageux. En effet, si pour les photos, la grisaille c’est moins sympa, pour la montée c’est parfait car cela permet de conserver un peu de chaleur et en prime on a presque pas de vent. On nous avait annoncé des températures aux alentours des -10° voir -15° mais on passera à peine en négatif. C’est nickel. Une fois de plus, tout est dans le rythme, doucement, chaque pas est réfléchi et dès qu’on oublie de se concentrer sur sa respiration, on s’essouffle. Globalement Kevin et Doudou sont dans le même état, Doudou a quand même la tête qui tourne quand on fait une pause photo mais ça passe au bout de trente secondes alors pas d’inquiétude.

Après encore une heure de marche on arrive enfin au cratère! Incroyable vue! Le cratère fumant est immense comparé au Villarica. Les couleurs sont magiques et le soleil commence même à faire une percée.

Incroyable. On est arrivé au cratère, on est déjà super content mais on va continuer jusqu’au sommet qui n’est qu’à cent mètres de plus. La dernière partie est une peu plus escarpée et on marche un peu dans la neige mais une fois de plus avec le bon rythme on progresse sans encombre. Le souffle court on arrive au sommet. On est comme des fous. La vue est tellement magique et surtout on l’a fait 5645 mètres! INCROYABLE! Évidemment séance photos obligatoire pour immortaliser le moment. Les quelques danses de la joie qu’on fera nous couperont direct le souffle mais on s’en fout, on y est!

Sauf qu’avant de redescendre, on repère un petit point de vue une à une trentaines de mètres plus loin et une dizaines de mètres plus haut alors on ne peut pas s’empêcher de pousser jusque là l’aventure. Après dix minutes on arrive au bout “Cette fois on ira pas plus loin” nous dit Carlos. Encore quelques photos et on commence la descente. Le vent a commencé à se lever mais c’est encore très largement supportable.

On descend assez rapidement, enfin surtout Kevin qui progresse en sautillant avec la grâce d’une vigogne des Andes. Doudou a le pas moins assuré, genre âne des montagnes. On croisera d’autres groupes partis peu de temps après nous mais qui sont tout juste au niveau de notre premier stop. Vu les visages dépités que l’on croise, il y en a quelques uns qui n’ont pas dû aller jusqu’au bout… Après quelques chutes dans le sable, Doudou fini par arriver également à la voiture sans soucis. C’est magique. Les deux vieux frères sont allés chatouiller un volcan actif et ça c’est vraiment le pied!

Il est déjà temps de rentrer. La descente est assez brutale et la tête de Doudou en souffre un peu. En revanche le paysage est assourdissant de beauté. On traverse un bout de désert d’une beauté sans égal. On longe également un canyon, on croise plein de lamas en route, bref les paysages sont magnifiques. La fatigue se fait sentir et les deux heures de route jusqu’à l’auberge sont longues. Carlos gère magnifiquement la route en gardant toujours quelques feuilles de coca dans la bouche histoire de rester bien éveillé.

Retour à quatorze heures, deux heures plus tôt qu’initialement prévu. Douce est même surprise de nous voir si tôt mais pas mécontente de constater que tout va bien. On part faire le plein de force dans le resto où on a pris nos quartiers. On retourne à l’auberge se boire quelques bières pour fêter ça et trinquer au Chili. Six heures quinze, il est l’heure. Ce soir c’est la fin du voyage pour Kevin… Il a un bus à prendre avant de rejoindre Calama et puis Santiago pour rentrer au pays. Sans grand enthousiasme on se dirige donc vers la gare des bus. Après un retard de une heure, le bus se décide finalement à arriver. On en a gros sur la patate, après trois semaines ensemble à l’autre bout du monde c’est toujours compliqué de laisser partir un copain. Ça se fait des bisous à tout va et on se résigne à le laisser monter dans le bus. Encore merci Jean-Kevinou pour cette surprise et ces moments. Cœur sur toi <3

On rentre donc main dans la main, le morale dans les chaussettes mais la tête plein de souvenirs qui réchauffent le cœur et qui donnent le smile. Demain matin les Globe Douceur commence une nouvelle aventure à deux, direction la Bolivie!  

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