San Pedro de Atacama: Piedras Rojas & Salar de Tara

Piedras Rojas

Ce matin, on est sur le pied de guerre dès sept heures. On attend notre pick-up pour le tour des Piedras Rojas qu’on a réservé avec Maxim Experience. Finalement après trente minutes d’attente, quelqu’un arrive. Grand, chauve, une longue barbe poivre-sel, clope au bec, il nous aborde d’une voix de baryton, rocailleuse, qu’on croirait sortie tout droit des entrailles des volcans qui nous entourent. On comprend vite qu’on n’est pas avec l’agence Maxim Experience. C’est bizarre, on nous a refilé à une autre agence et ça nous gave un peu. On avait choisi l’agence pour son sérieux, pour la qualité de ses tours, du coup on ne sait pas trop à quoi s’attendre. Bref on est lancé et on ne va pas annuler pour ça de toute façon, on s’expliquera avec eux ce soir.

On roule un moment avant de s’arrêter pour une première discussion, le guide nous explique qu’il préfère prendre son temps, ça nous permettra entre autre de laisser passer le gros des groupes et donc d’être un peu plus tranquilles. Il passe donc en revue les montagnes et volcans qui nous entourent, nous raconte un peu l’histoire de la région, la faune qui y vit. C’est intéressant et après s’être fait doubler par des tas de minibus, on finit par se remettre en route.

Premier arrêt au Gran Salar de Atacama et plus précisément à la Laguna Chaxa pour observer nos premiers flamands roses. On n’est pas seul mais les groupes semblent tous sur le départ. On a le droit à une explication introductive à propos de la réserve, des différentes espèces qu’y vivent ici et de la protection mise en place. A la fin de ce petit cours, on peut enfin s’avancer vers la lagune: déserte! Tous les groupes sont partis. Miracle! Il y a quelques flamands roses mais ça se bouscule pas vraiment. Apparemment, les flamands, dérangés par les touristes ont massivement migré un peu plus loin sur une autre lagune mais afin de préserver les animaux, le tourisme y est interdit. On comprend et ça ne nous empêche pas de faire plein de photos (beaucoup de photos, ce qui vaudra à Douce le surnom de Nature Géo Wild…). On observe aussi quelques lézards typiques de la région. Malgré le peu de flamands, on se régale, il faut dire que le cadre est enchanteur.

Allez! On reprend la route. Notre guide est très cool et on s’entend bien avec lui. On continue notre route et on arrive aux lagunas altiplánicas Miscanti y Meñiques. Devant nous, une lagune d’un bleu profond aux pieds d’une chaîne de volcans aux sommets enneigées. Ça semble assez incroyable de voir ces étendues d’eau au beau milieu de cette terre aride. On fait un petit bout de marche dans ce décor paradisiaque et on profite des explications, toujours intéressantes de notre guide.

On reprend la voiture pour un petit déjeuner bien mérité. Sur le bas cotés, des silhouettes s’agitent. Des lamas? Non, ce sont des vigognes! Ce sont les cousines des guanacos et des lamas. Le petit groupe est craintif mais on parvient à s’approcher pour faire quelques photos.

On s’arrête dans un micro village pour le petit déjeuner. Les cuistos sont très cool et le petit dej au top.

C’est reparti, direction le Salar de Talar ou Piedras Rojas. Arrivés sur place le spectacle est grandiose. Les dégradées de rouges et de blancs qui courent sur les montagnes sont uniques. Une fois de plus au pied des formations rocheuses, une lagune de sel s’étire de tout son long comme pour rappeler le blanc des sommets. Même l’appareil de Douce peine à rendre la beauté du lieu.

Non loin, on s’attarde également pour quelques photos le long d’une lagune d’un bleu laiteux unique. La pause photo tourne court, le vent est déchaîné! Si on avait pas bien mangé, c’était l’envol assuré…

Finalement, le temps file et on revient au resto du petit village vers quinze heures pour un bon déjeuner. Au menu soupe traditionnelle des Andes et plat typique péruvien. Un délice.

Petit tour du village qui ne présente rien de passionnant si ce n’est une vieille église du XVIIeme. C’est l’occasion de discuter encore un peu avec notre guide “Ouai avant je fumais quatre paquets par jour mais j’ai fait une embolie pulmonaire  du coup j’ai réduit à un par jour”, Ahhh oui on comprend mieux la voix de baryton là…

Fin de journée le long du tropique du Capricorne, à côté du chemin tracé par les incas pour relier toute les villes importantes de leur immense empire. C’est le moment de faire quelques photos marrantes sur une immense route asphaltée déserte. La perspective est géniale pour les photos.

Dernier arrêt avant de rentrer dans le village de Toconao, bon là c’est peut être l’arrêt de trop, même le guide n’y croit pas trop “bon c’est inclus dans le tour alors bah on va voir”. A part une église il n’y a rien de spécial mais le coucher de soleil est appréciable. On ironise un moment sur le restaurant de la place qui propose un ceviche (spécialité péruvienne à base de poisson cru) au beau milieu du désert. » Même moi, je le tenterai pas” nous confie notre guide, haha nous non plus.

Retour à San Pedro de Atacama à la tombée de la nuit. Partis avec un autre tour, on avait des doutes mais finalement on a été tellement content qu’on n’a plus trop envie de râler auprès de Maxim Experience. On est quand même allé les voir pour avoir quelques explications et savoir si demain on était ou pas avec leur agence pour le Salar de Tara. En arrivant à l’agence, on tombe sur une dame qu’on ne connaît pas. Elle nous explique (longuement, très longuement et avec les détails, tous les détails) qu’elle est venue en catastrophe depuis Calama pour ouvrir car hier, un guide et deux employés ont fait une intoxication alimentaire et c’est pour ça qu’ils ont dû nous confier à une autre agence. Demain, ça sera bien avec Maxim Experience. “Ok, nickel et histoire de pas tomber malade nous non plus, ils ont mangé où les gars?”, ”Un ceviche acheté dans la rue”, “Ah, tient quand on parle de ceviche!”. On ressort du magasin entre rire et incrédulité face à la bêtise de certains… Manger du poisson cru dans le désert, c’est quand même une drôle d’idée…

Salar de Tara

Aujourd’hui, on a Salar, alors une fois de plus on se réveille encore tôt et notre pick-up est bien à l’heure. Cette fois, c’est bien l’agence Maxim Experience avec qui on a réservé qui nous fait embarqué dans la camionnette! On est moins d’une dizaine pour aujourd’hui. Nickel, on roule un moment et cette fois le petit déj se fait dès le début du tour. Et quel petit déj! Face au Licancabur, volcan élevé au rang de divinité dans la culture locale (avant que les espagnols ne viennent mettre leur grain de sel évidemment). On se régale de tartines avec de la vraie de vraie de vraie baguette! Un délice! Il y a en effet un boulanger français installé à San Pedro de Atacama qui fournit presque tous les tours de la ville. Bon pour Kevin c’est un plaisir simple mais pour nous ça fait un bien fou de sentir autant de croustillance dans notre bouche.

 

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🇨🇱 Meilleur petit dej! Le Licancabur en toile de fond et sur la table, de la vraie baguette!! Merci @lafranchuteria! 🇨🇱

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Une fois ce repas avalé, on fait un bout de route et on s’enfonce dans le désert. On grimpe, on grimpe jusqu’à un point de vue à 4 000 mètres d’altitude. C’est assez incroyable comme sensation. Le moindre mouvement un peu rapide se ressent directement. Souffle court et cœur qui tape, on est haut et on le sent. On enchaîne les photos des paysages lointains que l’on va approcher au fil de la journée. On s’avance vers el humedal de Quepiaco. Il s’agit d’une plaine d’où sort un petit ruisseau qui fait le bonheur des vigognes.

On s’enfonce encore un peu plus et seules les traces d’autres 4X4 dans le sable nous indiquent qu’on n’est pas perdu en plein milieu du désert. On s’arrête au pied de grandes formations rocheuses pour prendre quelques photos. Kevin a les mains qui le démangent et il ne peut s’empêcher de grimper.

On poursuit en s’enfonçant toujours plus dans l’immensité de sable, jusqu’à apercevoir le salar de Tara. Une fois de plus le paysage est dément et nous laisse sans voix. Plus incroyable encore, nous sommes seuls. Vraiment seuls. Quand on questionne notre guide sur la raison de cette absence de touristes, il nous explique que théoriquement le salar de Tara est désormais fermé aux touristes mais que le patron de Maxim Experience à quelques passe-droits qui nous permettent de pouvoir profiter de cette vue. Il poursuit son explication et nous explique la raison officielle de cette fermeture. Pendant l’hiver, les chutes de neiges ont contraint à fermer le Salar pour éviter tout accident. Depuis, il semblerait que la faune ait reprit ses droits et que le nombre de flamands roses présents sur le site soit reparti à la hausse. Les autorités souhaitent donc préserver le site et les animaux. Ça c’est pour la version officielle. En ce qui concerne la version officieuse, le gouvernement serait en train de faire des forages pour implanter une mine d’extraction de lithium. Une équipe australienne est déjà sur place pour des études de terrain. Un désastre environnementale évident… Triste histoire, on profite d’autant plus de l’instant qu’on est pas sur que le site existe encore longtemps…

On continue notre route vers les Monjes de la Pacana. Des piliers rocheux, plantés en plein désert. L’un d’eux est particulièrement célèbre car on peut y deviner le visage d’un indigène de profil. Oui, oui, en effet… C’est toujours amusant de voir comment l’imaginaire des hommes parvient à faire apparaître des formes connues dans des pierres, des nuages ou autres. Encore quelques photos et on rembarque.

Il est déjà temps de ressortir de ce désert. Le chemin retour est assez long et après un dernier arrêt lagune on rentre à San Pedro de Atacama, comblés!

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