La côte caraïbe: Santa Marta et Tayrona

On voulait du soleil, et bien on est servi! En descendant du bus, on se demande qui a allumé le chauffage. Il est huit heures et il fait déjà plus de trente degrés! On se pose dans notre chouette auberge et on établit le programme des prochains jours. On est venu ici pour profiter de la plage, plonger et découvrir le mythique parc Tayrona.
Plusieurs personnes nous ont conseillé la plage Rodadero alors on file à une heure environ de Santa Marta. Pour bien commencer, un petit restaurant de bord de mer s’impose: poisson frais, ceviche et langoustine coco sauce fruit de la passion, un petit verre de blanc en terrasse. Le paradis quoi!

Il est maintenant temps de profiter de la plage et de se rafraîchir. Curieuse habitude d’Amérique Latine, les gens s’installent peu sur leur serviette de plage, mais louent des tentes ou auvents déjà montés et s’installent sur des chaises en plastique. Il fait plus de quarante degrés, on se dit rapidement que s’installer en plein soleil à quatorze heures, c’est une idée moyenne. On loue donc nous aussi notre petite tente ombragée. Le cauchemar commence! Des vendeurs ambulants essayent de nous vendre tout est n’importe quoi, surtout n’importe quoi! Tubas, cocktails, excursions, chapeaux, ceviches pas frais… Ils sont des centaines et des centaines. On s’est amusé à compter, moyenne entre deux passages: quinze secondes. Certains défilent avec des enceintes grésillantes, d’autre hurlent. On leur réponds gentiment, en soufflant, on les ignore, on rigole, rien ne fonctionne et tous insistent encore et encore! On a fait une petite vidéo du spectacle mais c’est pas très représentatif de ce qu’on a vécu. Chaque vendeur s’arrête devant nous, rentre dans la « tente » ou nous colle une carte sous le nez pour un cocktail…

Une heure, pas plus. On abandonne, on est tous les trois sur les nerfs, alors on se dit qu’on sera bien mieux à l’hôtel!

Le lendemain il est temps d’accomplir la deuxième tâche Santa Marta: la plongée! Une première plongée en mer pour Manon, qui a passé son niveau 1 en fosse à Paris, avant de nous rejoindre! Joli cadeau pour elle, c’est son anniversaire!! On a choisi l’agence Caribbean Pro Dive Center et on est super bien accueilli, le matériel est plutôt chouette aussi et le prix, carrément imbattable: cinquante euros pour deux plongées. On ne le savait pas mais la Colombie est l’un des pays les moins chers au monde pour plonger! On s’équipe et on se jette à l’eau! Impatients comme toujours. Premier constat: c’est trouble, la visibilité est mauvaise mais il y a plein de petits poissons, c’est déjà ça! Bon en fait il n’y a pas non plus tant de poisson que ça… Mais l’eau est bonne et c’est plutôt agréable. On sait qu’on a commencé par le meilleur dans les Visayas et nos dernières plongées équatoriennes étaient vraiment chouettes. Il faut croire qu’on est devenu difficile à satisfaire! Mais on n’est pas déçu, c’est quand même un bon moment. Évidement avec la perte de la Gopro de Doudou on s’en remet aux photos et vidéos et photos que peuvent nous fournir les dives center or là bas c’est pas génial… On a utilisé l’application Dive+ histoire de redonner un peu de couleur à ce qu’on a vu mais la plupart des photos se concentrent sur nos trombines et pas sur les poissons. Dommage.

Deuxième plongée et là, la visibilité est catastrophique. On est pas si loin des côtes, beaucoup de bateaux, beaucoup de remous. On sait que ce ne sera pas la plongée de l’année malgré la belle épave qui nous attend au fond de l’eau. C’est un Rémora qui nous permettra de passer un super moment. Ce sont des poissons plus ou moins gros qui se collent habituellement aux tortues ou aux requins pour les laver. Celui là est tombé amoureux de Manon. Il se colle à sa cuisse et ne la lâche pas de toute la plongée. Petit fou rire sous marin, Manon rit jaune, elle n’est pas franchement rassurée, nous on est carrément jaloux! On veut aussi un copain poisson! L’instructeur essaie bien de libérer Manon mais en vain! C’est son copain poisson!

On tourne autour de l’épave mais la visibilité ne s’arrange pas. Après quarante minutes on remonte, bien plus marqué par le rémora qui nous a accompagné jusqu’à la surface et qui avait l’air tout triste quand on est sorti de l’eau, que par le reste de la plongée! Un petit après-midi tranquille sous la clim à bouquiner et on se prépare: vingt-neuf ans en Colombie ça se fête! On a réservé dans un resto de la ville: le Lulo. Une franche réussite! Comme son nom l’indique la spécialité de la maison c’est le lulo est une sorte de d’agrume locale, proche du citron mais en forme de kiwi! Tournée de cocktails sauf pour Douce qui devra se contenter d’un cocktail Ananas-Antibio, les médicaments commencent à faire effet, l’estomac semble reprendre vie, pas question de le noyer dans le rhum!

Après cette chouette soirée et une bonne nuit de sommeil, direction le parc de Tayrona, petit bijou Colombien!
Deux heures de bus et on y est, on s’acquitte du droit d’entrée de près de vingt euros. Les trésors ça se payent! On entre donc dans ce grand parc naturel, entre jungle et sable blanc. On a choisi d’y passer une nuit pour profiter au maximum des plages. On laisse les sacs à l’hôtel Jasayma , où l’on est accueilli par Noré, une colombienne au grand cœur et au large sourire! Notre plus jolie rencontre colombienne jusqu’à présent, plus gentille ce n’est pas possible! Il est encore tôt alors les sacs plein de sandwich on décide de se rendre à la plage de la Piscina. C’est l’une des plus belle plage du parc mais aussi l’une des plus éloignée. On prend une navette qui nous dépose à deux heures de marche de la plage. Et oui la bronzette ici, ça se mérite! On se met donc en route sous un soleil étouffant qui nous fait suer à grosse goutte. Sur le chemin les paysages sont vraiment très beaux et on engloutit vite les kilomètres qui nous séparent de la plage. Finalement c’est la délivrance, et on se jette à l’eau! Wahou! La jungle s’arrête à quelques mètres de l’eau. Sable blanc, cocotiers, et eau claire. La plage est magnifique, il y a du monde bien sûr, mais au vu du lieu, on n’est pas étonné… On installe un camp de Robinson légèrement à l’abri du soleil pour ne pas ressortir complètement écrevisse. Entre lecture et baignades, le temps file.  On profite de ce lieu un peu magique.Il parait que c’est un bon spot de snorkeling mais personne n’a la tête sous l’eau, il y a du courant et on voit difficilement ce qui pourrait se cacher comme merveilles dans cette piscine naturelle. Bref on bulle à défaut de faire des bulles.

Petite séance photos très Instagram! On est touriste ou on ne l’est pas… Il faut dire que le cadre se prête à taper la pose!

 

On préfère éviter de rentrer de nuit car le chemin est un peu accidenté  alors avant dix-sept heures, on se met en marche vers notre hôtel. On arrive pile pour l’apéro et Noré nous prépare un superbe repas! C’est l’occasion d’échanger avec elle sur le pays, sur sa vie et sur la notre aussi. Elle fait des études pour être « assistante infirmière » mais la dernière année est payante, et elle ne peut pas se la payer pour l’instant.  Elle a trente et un an,  et a perdu son mari. Elle élève seule ces deux petites filles et les envoie en école privée pour qu’elles réussissent. Alors elle travaille loin d’elles, et est absente vingt jours par mois, pour économiser, finir ses études et enfin devenir « assistante infirmière » pour un salaire estimé à moins de trois cents euros par mois… Belle leçon de vie et de courage. On parle aussi du tourisme en Colombie,  c’est une soirée riche en échanges et un vrai plaisir d’avoir rencontré une si belle personne.

 

Aujourd’hui il fait encore une chaleur écrasante et on a du mal à se motiver pour retourner à la plage. Quatre heures de marche aller retour pour faire trempette sous plus de quarante degrés, ça nous épuise d’avance. En plus il faut qu’on quitte le parc avant seize heures alors, on décide donc de profiter du lieu et des hamacs. Embrassades et accolades avec Noré qui nous  encore régalée au petit déjeuner et retour Santa Marta. Le bus nous dépose sur le marché, on fait le plein de fruits et légumes pour ce soir, orgie de mangues en perspective, si on pouvait on ne mangerait que ça. On discute d’ailleurs avec le vendeur, qui nous montre fièrement son tatouage Tour Eiffel! Il s’est fait tatouer le monument sur tout le dos!!! Il nous demande dans quelle ville nous vivons, et à la réponse « Paris », il est surpris d’apprendre que Paris est en France… On masque notre fou rire et on doit décliner sa demande: nous ne pourrons pas le faire rentrer illégalement en France dans nos valises… On passe la soirée au frais, à l’hôtel à travailler sur le blog et à faire trempette dans la petite piscine.

Demain matin on reprend la route, direction  Carthagène!

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