Jaipur: la ville rose

Arrivée tardive à Jaipur après cinq heures de bus. L’hôtel est juste à côté d’un Mac do. Obligés d’y aller, Doudou veut tester le Big Mac de l’Inde. Ça sera donc un Mac Maharaja pour lui et pour Douce un Mac Chicken Spicy. On est loin des merveilles mangées à Agra mais ça fait du bien.

Le premier jour a été largement consacré à rattraper notre retard sur le blog. C’est donc seulement sur les coups de seize heures que nous partons de l’hôtel. Pour la première fois, la ville se prête davantage à la marche, bon moyen de nous plonger un peu plus dans l’Inde. On se met en route pour le City Hall, l’actuel palais du Maharaja. On se faufile dans une succession de petites rues qui nous laissent sans voix. C’est sale, vraiment très sale, sans commune mesure par rapport au Népal. Les ordures jonchent le sol partout, et les aliments jetés par terre pourrissent au soleil. La puanteur qui s’en dégage se mélange avec les délicieuses senteurs d’épices qui s’échappent de certaines maisons.

On apprend en route qu’il est déjà trop tard pour le City Hall, c’est déjà fermé. Un indien au français impeccable nous renseigne et nous recommande de nous rabattre sur le palais de l’eau pour le coucher de soleil. Belle idée, on embarque dans un tuk-tuk. Perdu en plein milieu d’un grand lac on a l’impression que l’édifice flotte à la surface de l’eau. Nous restons un moment à contempler le palais le long de la berge où se sont retrouvés des centaines de famille et des groupes de jeunes, ambiance quai de Seine un dimanche de printemps, les vaches en plus. C’est une première journée qui se termine sur une note plus romantique qu’elle n’a débutée.

Le lendemain nous quittons notre hôtel pour une petite guesthouse. On arrive chez une famille super accueillante. À peine installés, on repart à pied explorer la ville rose, un indien nous a même expliqué que c’était le Toulouse indien… Toute la vieille ville est en effet construite en pierres roses qui proviennent de la région. On se dirige vers le Jantar Mantar un observatoire astronomique établi à Jaipur par le Maharaja Jai Singh II en 1727. C’est un lieu où l’on retrouve beaucoup d’outil d’observation du ciel. Le monument le plus imposant étant un cadran solaire de 27 mètres de haut permettant de donner l’heure exacte à 3 secondes près. C’est impressionnant mais on a souvent du mal à comprendre l’utilisation de la plupart des outils.

On ne s’attarde pas, direction Hawa Mahal, le palais des vents,  l’un des monuments les plus célèbres de la ville peut être même de la région. On se retrouve à l’intérieur de ce grand “gâteau rose”.On se promène dans une succession de salles plus ou moins travaillées. Dans l’ensemble c’est plutôt joli mais c’est vraiment la façade qui est l’atout majeur de l’édifice. Ça tombe bien, on a repéré une terrasse en rooftop juste en face, on y fonce pour une pause lassi avec vue imprenable !

Après ce break direction le Albert Museum, si la visite est très intéressante et les pièces d’époque très jolies, c’est d’avantage le chemin du retour qui nous marquera. Le long d’une grande allée un premier ami rongeur de Douce fait son apparition. Doudou tente tant bien que mal de faire diversion, “Mais non, c’était un écureuil” mais en voilà un autre, puis encore un et deux autres… Les rats ont envahi les pelouses, creusant des galeries dans la terre. Pour autant, la bonne cinquantaine de rats grouillant ici, ne semble pas déranger les habitants du coin qui trouvent l’endroit idéal pour se reposer et faire un goûter en famille…

Fin de journée retour dans notre guesthouse où le proprio nous a acheté des bières et de quoi grignoter pour l’apéro. On mangera dans leur appartement un dal qui n’a rien d’incroyable, mais le moment de partage avec la famille lui, est vraiment savoureux.

Cette journée s’annonce chargée, on va enchaîner les temples et les forts des alentours. Il y en a pas mal qui valent le coup d’oeil apparemment. On a réservé un tuk-tuk pour la journée. Super sympa, il a une maxi enceinte pour la musique. Il nous passe tout son répertoire de rap franco-américain qu’un groupe de français lui a laissé avant de partir.

Premier stop dans un monkey temple. C’est pas la première fois qu’on en fait, du coup on est un peu septique. Le droit de caméra est payant, on hésite, on sent que c’est encore un attrape touriste, on préfère se dire qu’on s’en passera pour cette fois. On a eu tort pour le coup, le vaste temple, niché dans la roche est vraiment beau. Il est effectivement envahi de macaques. C’est pas les singes les plus sympa mais ils sont tous occupés à manger les fruits et légumes que les pèlerins et touristes leur donnent. Un peu plus haut nous arrivons aux bassins d’ablutions, où les hommes se lavent et les femmes font la lessive. Un singe saute sur la tête d’une touriste. On préfère continuer notre route vers le Ambert fort plutôt que d’avoir à nous battre contre un animal sacré…  

On arrive sur le lieu de visite. Habituellement, de nombreux touristes se pressent pour monter dans le fort à dos d’éléphant mais aujourd’hui, il y a un festival ailleurs dans la ville et aucun pachyderme en vue. On ne comptait pas monter sur un éléphant pour les quelques marches qui nous séparent de l’entrée mais on aurait aimé les voir.  On a entendu parlé d’un endroit où les éléphants se reposent entre deux montées. On verra après la visite si on peut y aller. En attendant, ce tout premier fort qu’on visite en Inde est très impressionnant par sa taille. L’intérieur n’est pas en reste. Passées les premières places et pièces splendides, on finit par se perdre dans un enchevêtrement de salles. Le blanc du marbre se mêle à l’ocre des pierres et au grès rouge.  

Après deux bonnes heures de visite on se rend dans un autre fort, mais d’abord, petit arrêt dans le temple, très photogénique, Panna Meena ka Kund. L’intérêt réside dans ses escaliers en labyrinthe qui descendent jusqu’à un grand bassin verdatre. On n’en saura pas beaucoup plus sur l’endroit. Le temps de faire quelques photos et on est déjà reparti.

On demande à notre chauffeur de nous emmener voir les éléphants, le fameux « parking à éléphant ». Douche froide. On s’était imaginé un large étang où les éléphants pouvaient manger et boire tranquillement après leur journée de travail (genre un bar à éléphant). On s’enfonce en fait dans des ruelles du plus en plus étroites et on s’arrête devant une maison parmi tant d’autres… Dans une petite cour intérieure deux éléphants enchaînés sur une petite plateforme en béton. Les animaux sont décolorés, abîmés, enfermés dans un espace d’une cinquantaine de mètres carrés, sans un brin de végétation et sans eau. Le toit est en taulle et il fait une chaleur écrasante. Nous avions dès le départ de notre tour du monde choisi par conviction de ne pas monter sur un éléphant lors de notre voyage car le processus de domestication des éléphants est particulièrement violent mais là c’est aussi leur condition de vie qui est déplorable.  C’est un spectacle affligeant et d’une incroyable tristesse. On nous propose de peindre sur les bêtes… de leur peindre dessus !?  Visiblement de nombreux touristes paient cher pour dessiner sur les éléphants… On a toujours pas compris l’intérêt et au plus on y pense au plus on est en colère! Dégoûtés, après seulement quelques minutes on s’échappe de là.

Cette fois on s’arrête dans le Jaigarh fort, il est environ quinze heures. Ce fort est bien moins intéressant que le précédent. Il est immensément vide et son canon gigantesque, jadis tracté par 4 éléphants, ne nous enthousiasmera pas davantage. On prend quand même le temps de se balader sur les hauteurs du fort pour profiter de la vue sur toute la vallée. Les remparts s’étirent tout autour de la forteresse, terrain de jeu parfait pour les singes! On y verrait presque des airs de grande muraille chinoise. Retour au Tuk-Tuk direction un autre fort…

Bon là, on aborde le Nahargarh Fort, ou Tiger Fort, sans enthousiasme. On en est déjà à plus de quatre heures de visite de forts dans la journée, disons qu’on a bien compris le principe. Pourtant on a une belle surprise. Le bâtiment a été reconverti en galerie d’art contemporain. C’est vraiment une super idée et les œuvres sont plutôt originales. De plus on note un bel effort de restauration. Les couleurs originales des pièces se mélangent avec les œuvres et la lumière du soleil de cette fin de journée. On redescend doucement en tuk-tuk vers Jaipur en profitant du coucher du soleil et de la compagnie de nombreux paons sauvages que l’on croisera sur les bords de la route.

Jaipur est vraiment une ville typique l’Inde avec cette l’ambivalence permanente, entre faste et crasse, merveille et misère, admiration et déception. C’est heure de continuer notre aventure, direction Pushkar!

2 commentaires

  1. Coucou 😍❤️
    Quel article 😱😱😱 un défilé de beauté par vos photos … D’odeurs bonnes et mauvaises…. De joie et de tristesse…. Merciiiiiiiii à vous 2 😘💕😘💕
    Énormes bisous 😍😍

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