Jaisalmer: Un château de sable dans le désert

Après sept heures de bus et de magnifiques paysages désertiques on arrive à Jaisalmer, aux portes du désert du Thar. Rappelons qu’en partant de Jodhpur aucune de nos cartes bleues ne semblaient fonctionner, et que surprise en arrivant notre forfait de téléphone indien semble faire des siennes aussi, plus de réseau… Nous avions heureusement regardés quelques hôtels sur Tripadvisor avant de partir et nous avions retenu un ou deux noms.

L’arrivée est très indienne, les chauffeurs de tuk-tuk montent dans le bus et nous attrapent par le bras pour nous conduire à notre hôtel! Ils sont une quinzaine à nous cueillir à la sortie, ça crie, ils se chamaillent entre eux pour savoir qui était là en premier. On les laisse faire et on monte dans le premier tuk-tuk un peu à l’écart. On doit résoudre nos problèmes bancaires au plus vite. On donne à notre chauffeur le nom d’un des hôtels que nous avions en mémoire, il fera l’affaire…

La chambre est propre et on a une super connexion internet! Ouf! Trois mails de nos trois banques, suspicions de fraudes… Toutes semblent avoir oublier que nous sommes partis en tour du monde, c’était pourtant pas faute de les avoir prévenues… La probabilité que les trois cartes sont bloquées le même jour? Faible, et pourtant…   Heureusement nos mères font des miracles depuis la France, et quelques heures plus tard nous pouvons enfin retirer de l’argent! Aleluila!
On profite de notre nouvelle richesse pour se prendre un petit apéro bien mérité et on se remet de nos émotions… Il est déjà tard, demain on commence la visite.

La ville est beaucoup plus calme que les précédentes, l’ambiance un peu plus détendue. Il était temps, Douce (encore elle) commençait à difficilement supporter les regards plus que malsains des hommes. La petite balade dans l’enceinte du fort est un régal, un dédale de ruelles où on l’on peut encore acheter tout et n’importe quoi. On a plaisir à se perdre entre les étales colorés, et pour une fois, c’est propre pour de vrai. Un jus de fruit en terrasse à la tombée de la nuit, la forteresse a l’air dorée, on se croirait dans les contes des mille et une nuits…

Le lendemain, on réserve notre camel ride, à nous le désert du Thar à dos de dromadaire! Puis on continue la balade, en dehors de l’enceinte du fort. Direction les Havelis, les anciennes maisons bourgeoises de la ville. Elles sont au nombre de cinq, imbriqués les unes dans les autres, leur vision depuis la rue est magnifique, les pierres sont ciselées comme de la dentelle, on se croirait dans un décor de film.

La première visite tourne un peu au fiasco, c’est une des Haveli récemment ouverte aux touristes, elle appartient à la ville et est franchement inintéressante… absolument vide, aucune des peintures murales n’a survécu aux attaques de pigeons. L’odeur est un accord avec le décor: pas franchement plaisante. Les seules habitantes de ses ruines sont des centaines de petites chauves souris, il y en a partout, ça vole dans tous les sens, certaines sont mortes et gisent sur le sol. Bref on ressort après quelques minutes, un peu fachés d’avoir payé pour rien surtout que l’on nous explique rapidement qu’il faudra repayer pour visiter l’autre haveli transformée en musée… Si encore on avait l’impression que l’argent servait à rénover le lieu on aurait compris… Mais là a part les trois gardiens qui regardent les pigeons se battre il ne se passe pas grand chose!

La deuxième maison nous réserve de plus jolies surprises, autour du grand patio s’articulent sur plusieurs étages une succession de pièces richement décorées. Un temple, des cuisines, des chambres et dans chacune des niches secrètes dans la pierre où les propriétaires, des riches marchands cachaient leur trésor et l’opium qu’ils vendaient. La terrasse nous offre une superbe vue sur le fort et les toits de la ville. C’est déjà l’heure d’aller prendre l’apéro et d’admirer encore une fois le coucher de soleil sur cette ville dorée.

Le lendemain, on est prêt et très en forme pour notre balade dans le désert. C’est parti pour quarante kilomètres de jeep pour s’éloigner au maximum du circuit touristique. Premier arrêt au bord d’une oasis où tous les paysans du coin viennent abreuver leur troupeaux. La mousson a été catastrophique cette année et c’est le seul point d’eau encore présent dans la région.

Deuxième arrêt dans un fort au milieu de nul part, il n’est pas authentique, il a été reconstruit selon des anciens plans. A ses pieds, un village en ruines, figés dans le temps. Nous sommes sur l’ancienne route de la soie, il y a plus de deux cents ans, c’étaient un riche village de marchands. Soie, épices, opium, absolument tout transitait par le désert du Thar, chemin entre occident et orient. L’ouverture des voies maritimes a fait de Bombay et de son port la voie privilégiée des marchands, et les habitants de cette ville au milieu de nul part ont du fuir, ruinés. Le fort quant a lui a été reconstruit pour les touristes et sert de décor à de nombreux films Bollywoodiens, un est d’ailleurs en cours de tournage. Le spectacle est amusant, au milieu du désert une grue sert à élever une actrice en sari rouge qui semble voler au milieu des ruines, tandis que les équipes de tournage s’affèrent dans le fort…

Sur la route difficile de ne pas remarquer que même en plein milieu du désert les ordures sont nombreuses. C’est un triste spectacle.

On reprend la route et on aperçoit au loin nos montures: c’est parti pour plus d’une heure à dos de dromadaire. On arrive sur notre campement, le feu crépite déjà, et nos fesses et nous on est bien content de ne pas avoir choisi l’option  “journée entière sur le dromadaire”. C’est rigolo mais c’est vraiment pas très confortable. L’heure du couché de soleil approche, on s’éloigne du camp et on attend en faisant une séance photo dans les dunes que le soleil décline. Le spectacle est un ravissement, on est conquis. Retour au camp, et un succulent thali nous attend, c’est l’heure de notre première nuit à la belle étoile!

On se blottit sous les couvertures et on regarde les étoiles. La nuit a été bonne mais pas très reposante. On est pas habitué à tous les petits bruits du désert! Levé de soleil et petit déjeuner revigorant, c’est déjà l’heure de partir! Il manque un dromadaire, il s’est fait la malle pendant la nuit… Nos guides ont l’air bien moins inquiet que nous! C’est reparti pour une heure de dromadaire, les deux nôtres sont à la traîne, et doivent se mettre au trot pour rattraper le reste du troupeau! La jeep est en vue, et n’a jamais été aussi confortable!
Retour à Jaisalmer pour le second moment luxe du voyage! Après la visite des temples jains de la ville, direction le Marriott (Merci Papa pour ta carte magique Marriott Family)!

En cours de route, on croise une chèvre motarde qui nous offrira la photo la plus drôle de notre voyage ! La gourmandise est décidément un très vilain défaut…

A l’hôtel, on est accueilli comme des rois. Un des responsables nous a pris en sympathie, et nous a surclassé. Notre chambre a vue sur la piscine et le fort! Le paradis sur terre. On n’en sortira d’ailleurs plus jusqu’au lendemain soir. Cocktail au bord de la piscine, agneau tandori au restaurant cosy sur le toit de l’hôtel et petit déjeuner gargantuesque! On refait le plein de force!

C’est presque l’heure de partir pour Delhi, mais avant un petit dîner avec Aurélie et Baptiste, nos copains français rencontrés au Népal qui viennent d’arriver en ville! Fou rire et échanges de ressentis, on est tous dans le même état, aussi épuisés qu’émerveillés! Puis direction la gare, un long voyage nous attend pour la capitale indienne!

2 commentaires

  1. Cet article est une véritable invitation au voyage! C est juste fabuleux… vous m avez fait rêver!…😍😍😍
    Profitez bien les amoureux (egalement autour de vos nombreux apéros..!😉😁)

  2. Alors ce message me fait dire : vive les supers mamans 😜😂😂😂😂 mais m’a aussi beaucoup fait rire….. J’ADORE cette chèvre gourmande 😍😍😍😍
    Énormes bisous à vous 2 😘💕

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