Pushkar – Ajmer: Deux villes, deux ambiances

Nous voilà arrivés dans LA ville hippie du Nord de l’Inde. On sourit en voyant les routards soixante-huitars qui ont élu domicile ici. La ville, toute petite, est très touristique, pour la première fois depuis notre départ de France, on croise des « blancs » par dizaines. Les magasins proposent toutes sorte de souvenirs, des épices, et des vêtements pour le moins colorés. Notre auberge est sympa, un peu a l’écart et au calme. Enfin ça c’est ce qu’on pensait quand on est arrivé, il n’en est rien. Un festival se tient dans la ville, en l’honneur du Dieu Brahmā, les enfants font exploser des pétards jusque tard dans la nuit et la musique est assourdissante et ce jusqu’à deux heures du matin. On se renseigne, dans toute la ville il y a des sortes de scènes où des enfants rejouent des scènes de la vie du Dieu. Le spectacle est… Indien, pas très au point, mais c’est plutôt charmant.

La ville est une incitation à la flânerie, elle s’articule autour d’un lac sacré, haut lieu de pèlerinage.
Les fidèles viennent faire leur ablutions à tout heure de la journée. Les temples sont colorés, les vaches omniprésentes, un petit air de vacances. On a trouvé un « healthy restaurant », ils ne font que des légumes et des fruits frais, après des jours de plats en sauce et autres Curry, un peu de verdure et de jus frais nous font le plus grand bien. La terrasse de notre Guesthouse surplombe la ville, et nous offre un magnifique couché de soleil. Bref, on se met au rythme indien, on ne court pas, on profite.Seule déception, on a l’impression de passer un peu a côté de l’Inde, la vraie… On se sent un peu protégé… oui les villes sont sales, oui il y a du bruit, des enfants dans la rue mais rien à côté de ce a quoi on s’attendait.

Le lendemain, frais et reposés, on part en bus pour Ajmer, à une dizaine de kilomètres de là. Ce bastion de l’islam au milieu du Rajastan est connu pour Daragh, le mausolée d’un saint musulman très vénéré en Inde. Nous prenons un tuk-tuk pour nous y rendre, et il nous dépose dans un rue bouillonnante, des échoppes par centaines, vendent comme ailleurs, tout et n’importe quoi. On est interpellé tous les deux mètres, on commence à avoir l’habitude… Les vendeurs nous font la liste de tout ce que nous pourrions acheter en hurlant. Les restaurateurs nous crient leur cartes, les hommes regardent Douce comme si elle venait d’être élue Miss Univers… Le kilomètre qui nous sépare alors de l’entrée de l’édifice nous paraît un peu long, on arrive enfin, un peu sonnés.

On se fait repérer par un guide indien qui parle un français parfait. On lui explique qu’on ne veut pas de guide, ça tombe bien, il n’en est pas un… c’est un artiste peintre qui a vécu en France et qui aime partager sa culture. Sceptiques au début, on se laisse pourtant guider. Il est adorable, et nous parle pendant de longues minutes du Soufisme, de ses valeurs, de l’amour universel qui seul pourra permettre au monde d’aller mieux. Une belle rencontre, une jolie leçon de vie, le lieu est beau, la ferveur qui l’entoure enivrante et communicative. On ressort après une petite heure de visite, dans de meilleures dispositions qu’à notre arrivée. Les quelques photos que nous avons pu prendre ne sont pas à la hauteur du lieu… Mais par respect pour les nombreux fidèles, nous n’avons pas voulu sortir notre appareil, et nous nous sommes contentés de quelques photos discrètes avec nos téléphones.

Et là, c’est la douche froide, on voulait de l’Inde, de la vraie, on est servi… des mendiants par dizaines, tous handicapés partout dans la rue, des hommes sans jambes sur des planches à roulettes ou roulant sur le sol, des aveugles sans bras, un homme tronc dans une poussette poussée par un aveugle. On se regarde, on ne parle plus, le vue ce « spectacle de rue » est bouleversante. On l’attendait autant qu’on la redoutait, l’Inde des films et des livres. On est sous le choc… impossible de rester insensible. Le sentiment le plus grand est celui d’impuissance, on sait qu’on ne peut rien faire! C’est difficile gérer mais on le savait…

Sur ce triste constat on reprend la route pour Pushkar, on  ne devait pas être totalement remis de nos émotions, on a grimpé dans le premier bus. Bus c’est finalement un bien grand mot! Le toit est recouvert de cartons, les montants des fenêtres tiennent avec des bouts de ficelles. On est assis à six sur une banquette de trois, impossible de voir la route à cause des passagers debout qui se soutiennent entre eux comme des Légos. Doudou compte le nombre de virages restants sur Maps.me  en espérant que les roues ou les freins tiennent jusque là! Comme quoi douze kilomètres ça peut être très long. On  arrive enfin, soulagés, la journée a été riche en émotions…

La suite de notre séjour à Pushkar sera dédié à la préparation de la suite de notre voyage! Direction Udaïpur et ses lacs pour de nouvelles aventures.

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