Le trek du Tongariro

Notre itinéraire du 26 février

6ème jour le 26 février

Quand le réveil sonne à cinq heures c’est une nouvelle épreuve: sortir de sous la couette. Dehors ça commence à geler. Petit déjeuner de sportif et c’est parti. On enfile nos couches de vêtements et on se met en route. Tongariro nous voilà!

On laisse Vince, notre van, au parking, et c’est parti pour une demie heure de navette jusqu’au début du parcours. A peine le temps de se réchauffer que le bus s’arrête déjà. C’est parti pour six à huit heure de marche, 19,4 kilomètres, et sept cents mètres de dénivelé. De quoi commencer à perdre les kilos d’apéro australiens. Du moins c’est ce que Douce se dit pour se motiver. Il y a du monde, beaucoup de monde. On s’en doutait, car le trek était fermé hier à cause du mauvais temps.

Notre périple se découpe en plusieurs étapes:

Une heure facile, chemin balisé il fait très froid mais marcher ça réchauffe alors on avance à un bon rythme. Quatre kilomètres et une heure plus tard, on est bien échauffé et un peu réchauffé.

C’est maintenant que c’est censé se corser, une heure de difficulté intermédiaire annoncée. Nos vieilles ennemies népalaises se dressent devant nous: les marches, une heure d’escalier un peu raide. Et ça on déteste. On décide d’y aller tranquille. Après une heure plus désagréable que difficile, la pause photo est la meilleure excuse pour s’arrêter! Douce prend bien son temps pour cadrer chaque photo, c’est toujours du temps de gagner. De là où on est on voit des tas de petites silhouettes déjà au sommet. Ça motive, on veut être à leur place, tout là-haut. Alors on respire un grand coup et on y va.

La troisième heure est décrite comme la plus difficile. Elle passe pourtant vite, on s’attendait à pire. Ça grimpe mais le paysage est à couper le souffle. Chaque pause photo est une bonne excuse non seulement pour reprendre son souffle mais aussi pour profiter de ce qui nous entoure. Cratères, volcans et lacs nous entourent. C’est un magnifique spectacle.

La descente est laborieuse. Une petite demie heure de glissade dans une poussière noire à éviter les cailloux qui roulent, les randonneurs qui tombent.

C’est aussi le moment où l’on réalise en rigolant la diversité des individus chez les trekkeurs, dans leur préparation et leurs équipements.

  • Il y a les professionnels: bâtons en main qui trottinent ou courent presque. Légèrement agacés des débutants qui traînent.
  • Les débutants, on va s’inclure dedans, pas toujours à l’aise mais plein de bonne volonté. Bonnes chaussures et barres de céréales.
  • Ceux qui ne savaient pas. Visiblement on ne leur avait dit que c’était une marche en montagne, preuve flagrante les chaussures de ville, peu adaptées au terrain mais avec des partenaires très équipés.
  • Et les touristes, les vrais! En petites baskets et jeans, peu préparés, mal informés et qui se renseignent au bout de deux heures de marche auprès des autres randonneurs: “on est bientôt arrivé?” “Heuuu comment te dire…”

Petite pause pique nique au bord du lac et on repart, c’est pas tout mais même si le plus dur est fait au niveau du dénivelé, il nous reste près de dix kilomètres à parcourir.

La descente est nettement moins chouette que la montée. Mais la vue est encore belle et le soleil continue de briller. Un chemin en lacet descend encore et encore mais le plus long n’est pas encore arrivé!

Après une nouvelle petite pause au refuge d’altitude, on sait qu’il nous reste une bonne heure. C’est la dernière étape du parcours: la traversée de la jungle. En un mot: INTERMINABLE. On est plongé dans la verdure, pas de vue, plus de jambes et le moral en prend un coup. Un chemin balisé entouré d’une épaisse forêt pendant près d’une heure et demie.

Puis c’est enfin la sortie du tunnel! VICTOIRE. On l’a fait. En vrai c’était pas si dur! Juste un peu long sur la fin. Mais on est fier de notre petit exploit. 

Plus que huit cents mètres à parcourir pour rejoindre le parking où nous attend Vince. Séance d’étirements obligatoires, on fait les malins mais nos cuisses risquent de ne pas nous pardonner ce soudain élan sportif.

On reprend la route, un peu fatigués en quête d’un camping. Seule exigence du jour, une douche chaude. Premier appel, premier échec, pas d’électricité, on nous dit de rappeler dans une heure, on continue d’avancer. On passe la seule et unique ville des alentours et on laisse passer sans le savoir notre seule chance de douche chaude. Après cinquante kilomètres, deuxième arrêt camping. Pas d’électricité non plus. Visiblement c’est coupure générale. Le patron du camping ne se démonte pas, et nous propose un emplacement pour 34 dollars! Sans accès à l’eau chaude et à une cuisine, ce prix est complètement délirant.

On reprend donc la route, quitte à n’avoir accès à rien, autant faire un camping gratuit pour cette nuit. Finalement on arrive peu avant dix-neuf heures sur une grande aire de camping gratuit le Vinegar Hill Camp Ground. Toilettes, eau potable et douche. Douche froide bien évidement. Douce qui fanfaronnait en Australie, fière de supporter sans râler l’eau glacée se ravise. La douche froide c’était bien quand le thermomètre frôlait les quarante. Là, avec dix degrés, ça la fait beaucoup moins rire… Pas le choix et après cette douche revigorante, un petit verre de cider plus que mérité, une assiette de nouilles chinoises et au lit. On ne demande pas notre reste, la terre aurait pu trembler, on aurait pas ouvert l’oeil…

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