Arequipa & le canyon de Colca

Arequipa

Nous voilà arrivés à Arequipa, le deuxième plus grande ville du Pérou, plutôt agréable mais à nos yeux bien moins charmante que Cusco. On pose nos affaires à l’auberge Los Andes où l’on retrouve Ambre et Clément, le couple français que nous avons rencontrés au Machu Picchu. Petit déjeuner tous les quatre, et eux filent faire le canyon en voiture à cause de l’entorse que c’est faite Clément en descendant du Machu Picchu.

On part explorer la ville et surtout la plaza de Armas juste à coté. Encore une jolie place avec une magnifique église. Le centre a conservé son architecture coloniale ce qui en fait une ville plutôt colorée.
On fait vite le tour et on se dirige vers ce qui fait l’attrait majeur d’Arequipa: le couvent Santa Catalina. Il est immense, le visiter en moins de trois heures nous semble en exploit. Une vraie ville dans la ville. En plus d’être le couvent le plus grand du monde, c’est certainement l’un des plus colorés. S’y balader est un vrai plaisir, nous qui avions un peu perdu l’attrait pour les édifices religieux après en avoir visiter des dizaines et des dizaines, on apprécie son calme et sa beauté.

 

Le reste de la ville est tout de même jolie mais nous séduit moins, le marché est une déception, la moitié des stands est fermée, on ne peut même pas y déjeuner, alors on opte pour notre repas sud américains préféré: avocats et mangue, on se s’en lasse pas.

L’après-midi est déjà bien entamé, et il est temps de se pencher sur notre programme de demain, on a décidé de partir pour le canyon de la Colca, certainement notre trek le plus sportif jusqu’à présent. On a hâte de relever ce défi! Dernier tour au supermarché pour acheter quelques provisions et de la crème solaire, parce qu’une chose est sûre, ça va cogner!

Notre trek dans le canyon de Colca

Le premier jour est consacré à se rendre à Cabanaconde, un des grands villages du canyon, départ de la plus part des treks. Il y a plusieurs bus qui partent d’Arequipa, dont deux dans la nuit, pour arriver au petit matin et attaquer le trek… On a le temps, alors on décide de pas opter pour cette option… Partir à une heure ou trois heures du matin, faire cinq heures de route et attaquer cinq heures de marche , sans façon!
On part donc à onze heures, après un bon petit déjeuner, direction Cabanaconde! Le trajet dure entre cinq et sept heures, et il nous faudra naturellement un peu plus de sept heures pour rejoindre la ville départ. La route a été longue et laborieuse, difficile de passer le temps dans une route de montagne sinueuse. On est content de se poser dans notre hôtel flambant neuf tout confort: eau chaude et drap en velours.
Réveil matinal, un petit déjeuner, et on se met en route, on est parti avant sept heures, le but étant d’éviter au maximum le soleil. Au programme de la journée, quatorze kilomètres de descente, mille deux cents mètres de dénivelé, et une arrivée prévue à Llaluhar, notre première étape aux alentours de midi.
Le début est carrément facile, ça descend doucement, on se dit que le pire est sûrement à venir, on préfère ne pas trop fanfaronner, tout le monde dit que la descente est éprouvante, ça va finir par se gâter.
Après deux heures, effectivement, la descente se corse, il faut gainer, c’est bon pour les abdos, et surtout rester concentrer pour ne pas glisser dans la caillasse. Après deux trois dérapages miraculeusement maîtrisés, Douce opte pour la technique « enfant de trois ans » et décide de s’asseoir et de se laisser plus ou moins glisser dans la terre, ça évitera toute chute et le pantalon de trek qui nous suit depuis neuf mois en a vu d’autres! Petite pause photo, difficile d’admirer le paysages sans se casser la figure.
On aperçoit notre premier condor! Youpi! On en aura vu un! Il est en pleine chasse et tente de piquer les œufs dans un nid, un autre oiseau, bien plus petit tente de protéger son bien. Un vrai spectacle, mais malheureusement, on ne saura jamais qui a gagné, ils disparaissent derrière un pic rocheux après de nombreuses pirouettes et on ne les revoit plus. On nous présente ici, la seule photo exploitable de l’oiseau… On a vu mieux!
Il est temps de se remettre en route, la descente n’en finit pas.
Après trois heures on retrouve le plat avec soulagement, encore un effort, une dernière demie heure et on arrive à l’hôtel. Construit au milieu de nul part, on est surpris par autant de confort, les chambres sont basiques mais propres, il y a même de l’eau chaude! Mais le must ici, ce sont les piscines naturelles à trente-neuf degrés, au bord de la rivière. On pose nos affaires et on va s’y installer, c’est presque trop chaud!
Après un après-midi, sieste et lecture, on va dîner dans la grande salle qui surplombe le canyon, une petite partie de billard avec l’apéro et dès la fin du repas, on file aux piscines naturelles, incroyable vue sur les étoiles dans notre bain bouillant. Un petit goût de paradis. Avant dix heures, on est au lit, demain une longue marche nous attend.
Bon bien sûr, ça ne s’est pas passé comme prévu, c’est encore l’estomac de Douce qui fait des siennes, après une nuit compliquée, la matinée l’est tout autant, impossible de repartir. C’est donc une longue journée qui s’annonce, Douce a le moral dans les chaussettes, son état ne s’améliore qu’en début d’après-midi. Entre parties de cartes, de Rumikub et de billard on passe le temps comme on peut. L’isolement finit par atteindre Doudou…
La journée finit par passer, et on se met au lit de bonne heure en espérant pouvoir quitter le fond du canyon dès le matin.
Après une bonne nuit, Douce se sent de repartir, mais on décide de modifier les plans, le but étant d’arriver à San Juan, à huit heures de marche de là. On prend donc un bus pour nous avancer les premières heures de montée. On met toutes les chances de notre côté pour arriver au bout de ce trek. En arrivant à l’arrêt, on est plutôt rassuré, il y a une dizaine de touristes qui font comme nous, que des français! Les autres nationalités préfèrent marcher apparemment. Le seul bus de la journée, arrive à huit heures trente tapante, une ponctualité étonnante quand on voit l’état de la route. Après quarante minutes, il nous dépose à Malata. De là une bonne heure de marche en descente et l’oasis de Sangalle est atteint. C’est bluffant! Notre tout premier oasis. Touristique à souhait mais quand même, des palmiers, des fleurs colorées, des arbres fruitiers, le tout dans un environnement si aride. Le contraste est saisissant et on adore.
On se pose, un petit café pour Doudou, et de l’eau pour Douce qui n’a encore pu rien avaler. On discute un long moment avec le groupe de Français, avant de reprendre la route. On ne sait plus trop quel chemin prendre. Deux options s’offrent à nous, rebrousser chemin et marcher jusqu’à San Juan pour limiter la remontée de demain ou alors tracer, et remonter dès ce soir par la montée de « la mort ». Trois kilomètres de marche, mille deux cents de dénivelé. Rester à l’oasis pour la nuit est possible, mais l’accueil est tellement détestable, et le prix délirant pour le lieu qu’on écarte vite cette possibilité. Douce se sent de monter, et on se dit qu’au moins se sera fait, on dormira dans un endroit confortable ce soir et on pourra sauter dans le premier bus demain matin pour Arequipa. Il n’y a plus qu’à croiser les doigts que l’estomac de Douce tienne le coup.

Après trente minutes, on se dit qu’on a fait une bêtise, les crampes d’estomac de Douce reprennent, et on est obligés de faire de nombreuses pauses. Ça se calme alors on repart, hors de questions d’avoir monté déjà « tout ça » pour rien. Elle s’accroche et on grimpe.
Après une heure, ça va mieux, on mange une barre de céréales et ça repart, on y va à notre rythme, on ne comptait pas battre de record, et à priori ça n’arrivera pas. Cette fois, c’est Doudou qui flanche, le moral lâche, on a l’impression qu’on ne verra jamais la fin. Dès qu’on lève la tête c’est comme si une nouvelle montagne avait poussé. On compte les pas, on se donne des mini objectifs, ça tire les mollets et ça fait travailler les poumons. Heureusement la météo est avec nous, il fait chaud mais il y a un petit vent frais qui nous fait du bien.
Tout d’un coup, on entend quelques choses dévaler, on a peur que ce soit des blocs de pierres qui se soient décrochés de la paroi. On a entendu plein d’histoire d’éboulements alors on ne fait pas les malins. Le bruit est sourd et diffus. C’est étrange et ça ne s’arrête pas. C’est alors qu’on les voit arriver: les ânes! C’était pas des rochers, c’était des mules! Bien plus agiles que nous, au passage… Trois groupes de six bêtes, descendent à l’oasis, chargées de matériel de plomberies, de nourritures et de bouteilles de gaz. Leur maître les suivent de près, chaussé de tongs, euuuh… On n’est pas tous fait pareil visiblement.

Cette petite distraction aura fait passé le temps, on ré-attaque la montée, plein d’entrain. Au détour d’un dernier virage on se dit que c’est sûrement la fin, en tout cas, ça y ressemble. On s’accroche dans les derniers mètres et VICTOIRE. On voit enfin le village, il reste un kilomètre, mais c’est du plat, facile de chez facile.

On est super fier et heureux, et en regardant notre montre, on l’est encore plus: trois heures quarante! On nous avait annoncé trois heure trente et vu l’état de Douce, c’était inespéré. On trouve rapidement un hôtel, et après une bonne douche chaude, on file enfin manger quelque chose. On retrouve le couple de marseillais que nous avons rencontré à l’oasis. Un bon repas, et on file se coucher sans demander notre reste. Demain le bus part à sept heures pour Arequipa. Le trajet est long et le bus archi bondé, heureusement comme nous avions acheté nos places la veille, on peut s’asseoir, et c’est donc parti pour sept heures d’interminables virages.
A peine le temps de se poser à Arequipa, on saute dans un bus de nuit direction Ica. On y retrouvera Ambre et Clément pour une petite semaine à quatre sur la côte Péruvienne.

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