Machu Picchu pour les nuls (avec de bonnes jambes)

Aujourd’hui, on se dirige vers notre deuxième merveille du monde, le fameux Machu Picchu!!

On va vous expliquer comment vous rendre au Machu Picchu sans prendre le train et sans agence. On va surtout vous raconter ce qu’il ne faut pas faire pour éviter de vous retrouver dans la même galère que nous. Retrouvez ici le résumé de nos conseils pour entreprendre ce petit périple.

Il faut savoir qu’aller au Machu Picchu a un coût, et pas des moindres pour des tours du mondiste. Entre le train à environ 180 euros par personne au départ de Cusco, le bus à 20 euros par personne pour accéder au site et avec le billet d’entrée à environ 40 euros la note grimpe vite (sans compter le logement, la nourriture, le guide si vous en voulez-un etc…)! On a donc choisi d’aller au Machu Picchu de façon économique.

Tout d’abord, on vous conseille d’aller acheter vos billets au bureau du Machu Picchu du ministère de la culture de Cusco et pas en agence car évidement on vous prendra une commission. Autre conseil, allez-y deux ou trois jours avant de partir, comme ça vous aurez plus de choix dans les horaires car en effet, les entrées sont valables pour une date et une heure précises. Nous avons opté pour le billet de sept heures du matin mais si possible, privilégiez celui de six heures comme ça, vous serez parmi les tous premiers visiteurs de la journée. Vous pouvez également passer par le bureau qui se trouve à Agua Calientes, la ville au pied du Machu Picchu, mais alors vous aurez moins de choix dans les dates et horaires et honnêtement, vous n’avez pas envie de rester à Aguas Calientes (on y reviendra). Attention, aucun billet n’est vendu directement à l’entrée du site, il vous sera même impossible de monter sans ce dernier.

Une fois cette formalité accomplie, nous commençons à glaner quelques infos à droite à gauche pour se rendre là-bas. Nous sommes dans une auberge et on rencontre un groupe de français qui semble avoir LE bon plan. Les proprios de l’auberge leur ont fait savoir qu’on peut se rendre au village de Ollantaytambo à environ deux heures de bus de Cusco et de là partir à pied en longeant les rails du train pour rejoindre Aguas Calientes en trois heures. C’est beaucoup plus simple que ce qu’on pensait et on est super content du tuyau. Tellement, qu’on n’a même pas pensé à revérifier cette info, ce qui avec le recul n’était pas très malin…

Nous partons donc la veille de la date d’entrée de notre billet. Nous repérons sur Maps.me la rue Pavitos d’où partent les mini-bus pour Ollantaytambo. On règle les dix soles par personne et on embarque assez rapidement. Ce matin, on ne s’est pas pressé car en comptant deux heures de routes et trois heures de marche: on est large. Il est donc, dix heures lorsque l’on quitte Cusco. La route se fait sans encombre et on arrive vers midi  à Ollantaytambo. On envisage même de faire une petite balade de la ville dans l’après-midi car la ville possède de nombreuse ruines Inca très belles à voir.

Avant d’attaquer les trois heures de marche, on s’arrête manger un bout au Apu Veronica Restaurant. On commande et on reprend des informations auprès du patron sur le reste du chemin.

  • “Oh oui, vous pouvez y aller à pied mais je vous conseille de le faire de nuit car et vous n’avez pas le droit d’emprunter les rails et les policiers surveillent. En plus, c’est à 43 km de là alors il vous faudra bien dix heures de marche.”
  • “quarante-trois???”

Panique à bord. On ne peut pas se permettre de passer une nuit ici car nous avons notre billet pour demain! On lui demande donc comment faire et on comprend que ça va être bien plus galère que ce qu’on pensait. Il nous explique qu’on doit prendre un bus d’ici à Santa Maria, pendant environ quatre heures. Puis une voiture jusqu’à Santa Teresa, une autre voiture jusqu’à Hidroelectrica et ensuite marcher deux heures le long des rails pour rejoindre Aguas Calientes. L’HORREUR!

On enfile donc note repas en vitesse et on décolle.

Première mission trouver le plus rapidement possible un bus pour Santa Maria et déjà, c’est la galère. On demande à droite à gauche et tout le monde nous donne des indications différentes. Le bus passera demain, il y a des bus qui passent sur la place dans l’après-midi puis finalement non, ils ne passent pas sur la place l’après midi mais juste à la sortie de la ville près de la route qui longe le chemin de fer à côté du pont… OK! On finit par comprendre que c’est la bas qu’on a le plus de chance de choper un bus. Au passage on demande a un taxi combien ça coûte pour rejoindre Santa Maria, 400 soles soit plus de 100€! Hors de questions (enfin, c’est notre plan Z…). On patiente donc quelques minutes le long de la route et enfin un bus s’approche. On l’arrête et il accepte de nous faire monter, sauf que le bus est plein et qu’il n’y a de la place que devant avec lui. Un par terre, l’autre sur le fauteuil du co-pilote, on embarque pour trois heures trente de route direction Santa Maria contre 20 soles par personne (5 euros). La route est magnifique, on sillonne la montagne et notre chauffeur est vraiment top et conduit comme un pro. Finalement la route passe relativement vite en regardant l’incroyable paysage qui défile devant nous.

Arrivé à Santa-Maria, on saute dans un taxi qui nous emmène directement à Hidroelectrica  avec un couple de malaisiens trop cool. Cette fois-ci, le pilote est plus casse-cou et bien des fois à la sortie d’un virage, sur une piste sablonneuse, on se retrouve face à face avec un bus qui nous fonce dessus… Pfffiiiouuuu, on sert les fesses pendant une grosse heure et enfin on nous dépose au début de notre chemin à Hidroelectrica. Nos amis malaisiens n’ont pas aussi bien supporté le voyage que nous visiblement… Après une petite pause pour reprendre des couleurs, on part à quatre le long des rails. On en a donc à priori pour environ deux heures de marche. On essaye de marcher à un bon rythme au début car il est déjà cinq heures et demi et on sait que d’ici peu la nuit va tomber et cela risque de nous ralentir.

Six heures, il fait nuit noire et il est temps d’allumer les lampes torches qu’on avait, par miracle, eu la bonne idée de prendre avec nous. Finalement le chemin est vraiment plaisant avec nos copains de route et on avance bien. Évidemment, on est impressionné quand au loin, on entend le bruit du train s’approcher dans la nuit  et que ce dernier nous passe devant alors qu’on est ébloui par ses phares. La plus part du temps c’est facile, mais quand il faut traverser l’eau, les rails  forment un pont au dessus des ruisseaux plus ou moins gros, on prie pour que le train ne se pointe pas à ce moment là! Idem quand dans le dernier kilomètre on passe dans deux tunnels pas beaucoup plus large que la largeur du train lui même.

Un peu moins de deux heures et dix kilomètres plus tard, on est enfin à Agua Calientes. On n’était vraiment pas sûr de notre coup en partant d’ Ollantaytambo donc on est pas peu content d’être arrivé.

On découvre une ville en toc, la ville du touriste par excellence. Entre les bars sur quatre étages, les boutiques de souvenirs et de massage, tout est fait pour faire pleurer les portefeuilles des voyageurs de passage. La ville n’a donc vraiment aucun intérêt mais de toute façon, on avait pas l’intention d’y rester plus d’une soirée. On repère notre hôtel, on pose les bagages, on se prend une bonne douche, on part manger histoire de recharger les batteries et on file se coucher car demain on se réveille à trois heures trente!

Ça pique ce matin! On se prépare vite et on se met en route. On s’attend encore à une grosse journée car d’après la proprios de l’hôtel il faut environ trente minutes pour rejoindre le guichet  au pied du Machu Picchu et environ deux heures trente de montée pour accéder à l’entrée. On part donc bien tôt pour être sur d’être dans les temps. Après vingt minutes de marche, on arrive au guichet et on commence à douter des informations  de notre hôte. On commence à faire la queue sauf que ce qu’on ne savait pas,  c’est que même ici l’accès se fait par horaire. En gros, on est les seuls  à avoir des tickets pour sept heures et on doit d’abord faire passer la centaine de personnes qui ont des billets pour six heures… On est dégoûté, on va devoir attendre pour rien alors qu’on aurait pu s’accorder presque une heure de plus de sommeil. De plus, en discutant avec les mecs de l’organisation, on réalise qu’on aura entre une heure et une heure et demie de montée contre les trois annoncées par le personnel de l’hôtel. On est maudit, à croire que c’est un sport national au Pérou de gonfler les horaires.

Bref après avoir attendu que toutes les personnes de six heures aient présenté billets et passeports on peut enfin passer et attaquer nous aussi la montée. Ça grimpe sec sec, on retrouve nos vieilles ennemies oubliées, les marches. Ça a comme un goût de Népal où on avait dû monter pendant deux jours les marches du trek du Poonhill. Ici il y a quand même nettement moins de marches, environ 1 750. Malgré la fraîcheur du matin, ça chauffe vite, on croise et dépasse pas mal de monde. On a un bon rythme et si quelques pauses sont nécessaires pour reprendre notre souffle, on s’étonne de notre performance. On arrive en haut en moins d’une heure et même pas si exténué que ça. Faut croire que ces mois de voyages commencent à payer.

On doit attendre quelques minutes encore avant de pouvoir entrer et finalement quand on peut accéder au site c’est l’émerveillement. On a même l’occasion de faire des photos sans personne sur le site. On reste un moment à observer le lever de soleil et voir l’antique citée se réveiller avec les rayons de lumière.

Le spectacle est grandiose, notre deuxième merveille de tour du monde, sans un nuage, sans une brume pour perturber ce spectacle. Fantastique! On sort la mitraillette à photos. On en profite car le spectacle est parfait.

On avance en direction de la porte du soleil. Après vingt minutes, on arrive sur un point de vue vraiment incroyable mais pour la porte du soleil, on repassera car il n’en reste malheureusement pas grand chose. On repart dans l’autre sens, on fait quelques photos lamas et on se dirige vers le pont Inca.

Arrivés sur place le paysage est incroyable mais une fois de plus, le pont est décevant. Une planche de bois poser au dessus, d’un trou. Il s’agit en fait d’une sorte de pont-levis qu’on enlève pour empêcher l’accès aux ennemis. Le chemin qu’on devine dans la montagne lui en revanche est grandiose.

Il est déjà temps de s’aventurer dans la cité et de se perdre dans ce dédale de pierres, de temples et de maisons. On regrette quand même un peu qu’il n’y ait aucune explication sur les lieux que l’on traverse. On s’en remet au Routard pour se repérer dans ce labyrinthe andain.

La vue sur les terrasses est tellement belle. En se promenant entre ces pierres parfaitement agencées on ne peut qu’imaginer l’excitation de l’archéologue américain Hiram Bingham qui découvrit ce lieu avec l’aide d’un enfant de fermier en 1911.

 

Le temps file et quand on arrive a la sortie, il est deja près de onze heures. Ce fut un moment magique et la foule du jour n’aura rien gâché au spectacle. C’est déjà l’heure du retour, mais avant souvenir oblige, on fait tamponner nos passeports: MachuPicchu, celui là de visa, c’est un des plus magiques! On redescend rapidement (environ 45 minutes) et on reprend la route direction Hidroeléctricas où on espère pouvoir attraper un bus direct jusqu’à Cusco. Cette fois, il fait bien jour et on peut profiter du paysage.

Le chemin est super agréable et on adore faire cette balade. La végétation dense cache les montagnes qui daignent se montrer de temps à autre. On peut enfin mettre des images sur les bruits de la rivière qu’on entendait hier soir.

On presse le pas et cette fois en une heure trente, le retour est bouclé. Après un moment de flottement, on trouve notre bus en direction de Cusco à Hidroeléctricas. On rencontre Ambre et Clément qui vient de se faire une cheville à vingt mètres de l’arrivée. On sympathise  et on papote, le trajet de six heures passent super vite. Pour fêter ce retour, on part tous les quatre se faire un petit Kebab et se boire une bonne bière. On a été au Machu Picchu sans guide, sans train mais pas sans galère pourtant c’est peut être ça qui a donné une autre saveur à ce petit séjour.

Le Machu Picchu sans prendre le train, sans agence et de façon économique.

  • Acheter votre billet pour le Machu Picchu 2-3 jours avant au ministère de la culture – Calle Garcilaso, 233.
  • Réserver votre hôtel pour Aguas Calientes
  • Prendre un bus qui va directement jusqu’à Santa Maria (compter environ 5-6 heures de trajet) près du Terminal Terrestre (indiqué sur Maps.me).
  • Arrivez à Santa Maria, prenez un taxi qui vous dépose directement à Hidroeléctricas sinon, faites Santa Teresa et ensuite Hidroeléctricas.
  • Marchez 2 heures le long des rails jusqu’à Agua Calientes.
  • Le jour j, rendez-vous au guichet en bas de la montagne environ une heure trente avant l’heure indiquée sur votre billet. Comptez environ vingt minutes de marche depuis le centre de Aguas Calientes.
  • Empruntez les escaliers qui zigzaguent dans la montagne pendant environ une heure, une heure et demie.
  • Ça y est, vous êtes arrivés! Profitez bien mais attention, suivez les panneaux, impossible de revenir en arrière sur le parcours (par exemple pour la porte du soleil, c’est quasiment à l’entrée qu’il faut se décider).
  • Pour le retour, des bus directs pour Cusco partent de Hidroeléctricas à 15h00. Sinon plein de taxis attendent pour  vous emmener à Santa Maria.

Budget total par personne

  • Entrée Machu Picchu 40 euros
  • Transport aller: 12 euros
  • Hôtel: 11,5 euros (chambre double avec salle de bains privée, eau chaude, article de toilettes et wifi)
  • Repas (deux déjeuners, un dîner, un petit déj): 18 euros
  • Extras (petite bière bien méritée et eau): 3 euros
  • Trajet retour: 10,5 euros

95 euros au total par personne, quand les agences le proposent, avant négociation, à 180 euros… Donc même en foirant grave, on a réussi notre pari, et le Machu Picchu n’aura pas entaché notre budget péruvien!

 

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